Mon étape du Tour 2017 entre Briançon et l’Izoard

Mon étape du Tour 2017 entre Briançon et l’Izoard

Ça y est, c’est fait ! Je reviens pour vous sur mon étape du Tour 2017, mon parcours, mes sensations, et ce que j’en ai retiré.

Nous y voilà ! Dimanche 16 juillet 2017, 7 h 15 précises, le speaker de l’étape du Tour libère les cyclistes du SAS N° 2 de la plus grosse cyclosportive du monde. Dès les 2 premiers ronds-points, je réussis à me faufiler dans le paquet, depuis que j’ai repris les courses UFOLEP il y a 3 ans, mon aisance dans les pelotons est devenue une force.
Sur ma gauche surgit un cycliste puissant, apparemment norvégien, qui déboule gros braquet, je prends sa roue à 50 km/h, en regardant mon capteur de puissance je suis à 250 watts dans sa roue ce qui est dans la zone que je me suis fixée sur le plat pour bien gérer mon effort et arriver frais au pied des cols. Avant le village de Prelle à 5 km du départ, je me retrouve en tête du deuxième SAS, tout est parfaitement en place pour arriver jusqu’à Savine-le-Lac sans donner un coup de pédale.

Je rentre dans Embrun, où j’habite, en 1 heure après 43 km de course, ma femme m’attend avec mes enfants devant chez moi pour 8 h 30 comme je lui ai indiqué, je sais que ses encouragements et voir mon fils Zack tout heureux de voir papa sur le vélo vont me faire du bien. Mais il est 8 h 15 !!!

Je me suis levé à 5 heures pour partir tout de suite, car l’organisation a prévu de fermer les routes dès 6 heures à Briançon. J’arrive à 5 h 45 au village de départ et déjà tout est bouché, je me gare comme je peux, prends mon vélo, mes affaires et je vais rejoindre mon ami Bernard dans son camping-car qu’il a réussi à garer la veille juste à côté du SAS N° 3. Nous prenons le petit déjeuner ensemble, Bernard m’a gentiment préparé un peu d’eau chaude, que je complète avec de la chicorée et du lait d’amande. Cela me permet de tremper mon Gatesport un peu sec, mais ce petit-déj à 1 h 30 du départ me convient bien. Un petit tour aux toilettes et je pars m’échauffer comme je peux avec toutes ces routes bloquées.

Bernard me fait part de son intention de rejoindre des amis dans le SAS N° 2 en se faufilant discrètement pour gagner 1 heure sur son départ « Cela peut faire une différence dans la fournaise du col de Vars d’y être une heure plus tôt ». Personnellement, je suis dans le SAS N° 5 avec le dossard 5730 et je n’ai pas envie de me stresser avant la course. Je roule un peu le long des barrières avec l’intention de saluer quelques amis et cyclistes que j’entraîne dans les premiers SAS. Un cycliste m’interpelle, il me stoppe avec son bras « Tu n’as rien à faire ici, c’est les prioritaires », je le regarde étonné et lui répond « J’ai le droit d’aller encourager des amis ? Tu es de l’organisation ? », et je décide de continuer à rouler sans sortir de ma concentration.

El diablo au déépart de l’étape du tour 2017

Finalement, en remontant vers le SAS N° 5, un ami et lecteur avec qui j’ai fait les 4 Ventoux 15 jours plus tôt m’appelle du SAS N° 2, on échange quelques mots pour nous rassurer. Grâce à cette sortie du Ventoux le 1er juillet, j’ai fait 5 500 m de dénivelé positif en 10 heures entre 280 et 300 watts, je pense donc avaler les 3 600 m de l’étape du Tour sans difficulté à cette intensité. Mes derniers tests sont plutôt bons, j’ai effectué la portion Embrun-Vars-Guillestre en 3 h 30 avec quelques amis, si je rajoute 1 heure pour Briançon-Embrun et 2 heures pour Guillestre-Izoard (ce qui est 40 minutes de plus de ce que je fais normalement, mais avec la fatigue je compte large), je pourrais donc cibler 6 h 30. Mon objectif reste à moins de 7 h, mais je me challenge à faire autour de 6 h 40 si j’ai de bonnes jambes.

Finalement, mon ami me propose de prendre mon vélo par-dessus la barrière et m’invite à le rejoindre dans le deuxième SAS qui par à 7 h 15 au lieu de 7 h 37 pour le SAS n° 5. J’avoue qu’attendre 20 minutes de moins me paraît confortable avec le froid matinal qui me frigorifie, mais j’oublie que ces 20 minutes me priveront de voir mes enfants devant la maison.

Arrivé à Savines-le-Lac, je monte donc les premières rampes de la côte des Demoiselles coiffées à plus de 10 %, sans les encouragements de ma famille. Mon capteur de puissance est calé à 300 watts, les jambes tournent bien, le vélo Origine RS est d’une fluidité qui rend les ascensions agréables et presque faciles. Je pensais que la plupart des cyclistes impétueux me doubleraient à cet endroit, insouciant et euphorique ils allaient se cramer les jambes, mais apparemment non, ils sont plus sages que prévu, auraient-ils tous lu les conseils de la Meilleure Cyclosportive de votre vie ? 😉

Sur le haut, la pente est plus douce et je me fais rattraper par un rouleur italien (qui porte la tenue de la Squadra Azura). Il avait roulé comme un fou jusqu’à Embrun et remet ça dès que le pourcentage passe en dessous des 3 %. Je prends sa roue jusqu’au Sauze où je m’arrête moins d’une minute remplir ma plus grande gourde d’eau, je repars aussitôt dans la descente, l’ORIGINE RS se pilote avec aisance et avant le bas je rejoins mon Italien aux grosses cuisses.

Nous entamons alors une des parties les plus délicates de cette épreuve, les 40 km de la vallée de l’Ubaye sont en faux plat montant avec 700 m de dénivelé, une mauvaise gestion de son effort à cet endroit entraîne inévitablement une montée de Vars en travers. Je me glisse dans un peloton d’une dizaine de coureurs qui montent régulièrement entre 25 et 30 km/h. Nous doublons des grappes de cyclistes qui rejoignent le groupe, créant ainsi un serpentin de plusieurs centaines de mètres de coureurs en file indienne. Je me sens bien et pourtant juste avant Barcelonnette j’ai une faim de loup au niveau de l’estomac. Je ne comprends pas. J’ai petit-déjeuné tard et je me suis alimenté toutes les 30 minutes ? Cela m’étonne, je n’avais pas prévu de m’arrêter aux ravitaillements, mais j’ai besoin de manger. Je décide de faire un arrêt de moins de 3 minutes, il est important de chronométrer ses arrêts dans une telle épreuve, sinon, sans s’en rendre compte, on peut facilement rester 10 à 15 minutes dans un ravitaillement, à l’entraînement cela ne pose pas de problème, au contraire, mais dans une course chronométrée, oui.

Il y a peu de monde encore, je prends vite 2 fruits secs, une banane et 2 tranches de pain d’épice, mais je sens que j’ai besoin de salé. Quoi prendre entre les biscuits apéro et le fromage de pays ? Je suis franchement déçu qu’une épreuve comme l’étape du Tour ne propose rien d’autre de plus « diet », mais peu importe, je reste dans ma course et prends un bout de fromage du Queyras. Je repars en compagnie de Fabrice qui me suis sur le blog, il reste 15 bornes avant le col de Vars, il vaut mieux rester dans les roues, même si certaines font des accélérations pour rattraper les groupes de devant, je ne bouge pas.

J’ai fait mon calcul sur les 180 km de l’étape du tour, il y a 100 km de portions roulantes, même si je roule 5 km/h moins vite que les meilleurs, je perds 12 minutes. Cela est beaucoup moins que le temps que je peux perdre si je suis « à pied » dans un col comme Vars ou Izoard, voire les 2, si je me crame à vouloir suivre sur le plat. Mes yeux sont émerveillés par la beauté des paysages des Hautes-Alpes qui rendent cette épreuve exceptionnellement belle, je reste vigilant à mon capteur de puissance autour des 250 watts.

Le col de Vars commence dans un tunnel où il est indiqué 10 km avant le sommet, les 5 premiers km sont autour de 5 à 8 % avec quelques replats avant Saint-Paul. Je me sens bien en jambe et en attaquant la montée à 300 watts, je double pas mal de monde. Je me concentre sur mon effort, le coup de pédale, penser à boire régulièrement, je me mets régulièrement en danseuse pour relancer l’allure et relâcher les lombaires, encore une fois le RS de ORIGINE est un vélo d’une telle légèreté que je le sens à peine…

Au bout de 5 km, il y a un léger faux plat descendant avant que les pourcentages ne passent à 10 % jusqu’en haut. J’en profite pour prendre un gel anti-crampe au cola qui me réussit bien d’habitude. Avec mon gabarit de rouleur et mes 1,86 m, je sais que ces pourcentages ne me sont pas favorables, d’ailleurs Serge Garnier, le Grimpeur légendaire de la région, qui est parti dans le SAS N° 5, lui, me double à 2 kilomètres du sommet, je suis assez content de voir qu’il ne me dépose pas, comme ses 2 ou 3 jeunes coursiers qui donnent l’impression d’être sur le plat. Ce qui m’inquiète, c’est que je plafonne à 8-10 km/h et que j’ai du mal à maintenir ma puissance à 300 watts. Du coup, je me relance en danseuse plus souvent en tombant une dent, puis me rassois en la remontant, mais au bout de quelques dizaines de mètres ma puissance redescend en dessous des 280 watts, je relance encore, pas moyen de tenir les 300 watts ? Je m’attendais à cela dans le dernier col, mais pas aussi tôt avec de telles sensations.

Je bascule en haut de Vars directement sans m’arrêter au ravitaillement liquide, il me reste de l’eau dans mes gourdes et il y a un ravitaillement complet au pied de la descente. J’adore la descente de Vars parce qu’elle est longue et j’adore descendre, même si ma chute il y a 10 jours m’a un peu refroidi, cette descente n’est pas dangereuse. Je programme de m’arrêter moins de 3 minutes au dernier ravitaillement avant le sommet de l’Izoard, mais en partant, je tombe sur Eddy, un ami des Hautes-Alpes et Alain un ami/client qui a fait un stage de préparation à l’étape du Tour au mois de juin avec mon équipe. On échange quelques minutes et je repars en 5 heures, il me reste 2 heures pour arriver en 7 heures, ce qui est mon objectif. Cela me semble réalisable si je tombe dans un bon groupe, je peux avaler les 15 kilomètres de la vallée du Guil facilement, d’autant plus que le vent thermique est favorable à partir de 11 heures et il est midi.

Quand je repars, les sensations sont bizarres, ni bien ni mal… Je prends la roue d’un grand gars sympathique qui emmène du braquet, je me méfie de cette vallée qui paraît toujours facile, mais pour avoir fait plusieurs fois l’Ironman d’Embrun, je sais que « si tu te grilles dans le Guil, tu montes l’Izoard en pleurant ». À 6 km du pied du col de l’Izoard, Manon Testou rejoint le groupe dans lequel j’évolue, elle se met devant et ne laisse le soin à personne de prendre un relais. Mon cardio est bon et ma puissance est à 240 watts, pourtant je ne me sens pas de prendre un relais pour l’aider sur cette partie roulante, cela ne prédis rien de bon.

Nous arrivons dans les rampes de L’Ange-Gardien en 40 minutes, ce qui me laisse 1 h 20 pour monter l’Izoard. Je le monte habituellement en à peine plus d’1 heure, cela me laisse une marge confortable si je gère bien mon effort et mon alimentation. Je vois que pour suivre Manon, qui est de la région, je dois monter au-dessus de 330 watts, ce n’est pas une bonne idée de la suivre, je préfère assurer. Je me laisse donc décrocher et me cale à 300 watts, que j’arrive à maintenir. Yes ! j’ai retrouvé mes jambes.

Juste avant de tourner sur la gauche pour prendre la route d’Arvieux, il y a un replat où je remets un peu d’ordre dans mes poches et prends un gel anti-crampe au cola. Dans le premier virage, je sens le vent de face et je vois qu’au lieu de monter autour de 14 km/h comme d’habitude je suis à 11 !
J’essaie de relancer, mais ma puissance semble bloquée à 280 watts, rien à faire, j’alterne danseuse et vélocité, rien ! Je n’avance pas. J’attends le dernier ravitaillement liquide annoncé à Arvieux, je me dis que le Coca va me sauver. Je n’en bois jamais, ni même du café et j’ai plusieurs fois testé qu’en fin de course, quand je suis cuit, cela me relance si j’en bois régulièrement. « Quand tu commences à boire du Coca, il ne faut plus s’arrêter », tout bon cycliste connait ça, sauf apparemment l’organisation d’ASO. Pas une goutte de Coca à ce ravitaillement ??? « Mais pourquoi ? », je lance, l’air désespéré… Je devrais faire sans ! J’attaque alors mon chemin de croix, je passe le mur de Brunissard en regardant mes chaussettes à la Chris Froom, mais à 8 km/h, j’arrive à me relancer autour des 10-11 km/h dans la forêt, mais je compte les kilomètres restants, puis les 100 mètres, quand le pourcentage passe au-dessus de 8 % sur de longues portions ce n’est vraiment pas fait pour moi. Quand je suis en forme j’arrive à me dire que c’est un chrono, je mets du braquet et ça passe, mais là, je suis ravi d’avoir mis un 32 dents derrière, avec mon 36 à l’avant, j’avance mètre après mètre, heureusement cette forêt est magique.

La dernière rampe à la sortie de la casse déserte est un vrai mur qui vous stoppe net, puis encore un passage à plus de 10 % rectiligne et j’arrive enfin dans les derniers lacets, il reste 1 km, je relance dans les virages moins pentus et je maintiens ma vitesse entre les 2, je double plusieurs cyclistes qui marchent ou qui sont quasiment arrêtés. Dernier virage à gauche, la joie d’arriver se mélange avec la libération de cette souffrance et la déception de faire plus de 7 heures (7 h 7’).

En haut il fait froid, mais le ravitaillement est indispensable, dommage que l’organisation n’ait pas prévu de varié, « on en peut plus ! » des pommes, bananes, oranges, pains d’épices, etc. J’aurais aimé un peu de variété style pastèque, melon, jambon de dinde, cacahuète… J’enfile mon gilet et j’attaque la descente vers , heureux d’en terminer et de recevoir la médaille !!!

 

Bref, j’ai passé une belle journée dans un décor somptueux et je me rends compte à quel point j’ai de la chance d’habiter ici. Je vais consacrer du temps à débriefer cette contre-performance et capitaliser sur les erreurs que j’ai pu commettre malgré une bonne forme. Mais surtout, je me rends compte de la pertinence de cette phrase d’Albert Einstein que j’adore : « Mettez un poisson au pied d’un arbre et il croira toute sa vie qu’il n’est bon à rien ». Je suis résolument un rouleur puncheur et les étapes du Tour sont faites pour des grimpeurs besogneux. Je coache depuis des années mes clients à renforcer leurs points forts et à développer leurs talents, ce que je vous invite à faire. L’étape du Tour est prestigieuse et il n’était pas envisageable qu’elle passe à côté de chez moi sans que je sois de la partie. Mais je retourne avec plus de plaisir et d’enthousiasme à mes courses UFOLEP et aux petits parcours nerveux des cyclosportives.

Laissez-moi vos commentaires, vos avis sur l’étape du Tour, racontez-nous votre histoire, merci.

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Commentaires (45)

Cyril

Bravo, belle rétrospective. J’aurai adoré être de la partie, malheureusement, les contraintes familiales en ont décidé autrement. Encore bravo et à l’an prochain.

Seb

Merci pour ce superbe « retour » de l’étape du tour!
7h07 c’est quand même excellent comme temps
Pour les ravitos c’est pareil en vtt avec ASO, Pas de choix et des aliments non adapté au sport parcontre le tarif d’engagement pique tres fort..

Merci Nicolas pour ce récit plein de vérité et qui me montre que même le champions ont des doutes et des coups de mou.

    Nicolas

    Oui dans ces cas là avoir un coach aide beaucoup 😉

JOHN

Congratulations!
Thank you for taking the time to share your experiences.
Comme toi j’ai trouvé les ravitos mediocre et l’orgainisation chaotique.
La chaleur sur le col de Vars était terrible – +30° voir 35°
I finished like you, disappointed et cuit but with a medal.
Presque 16000 cyclistes est beaucoup trop – c’est le business pas le sport.
Tu as commencé dans un SAS different – pas vraiment « fair play », si tout le monde a essayé la meme chose?????
En tout cas tu as souffert comme moi.
À la prochaine?

Bravo Nico pour cette étape du tour réussie !

Patrick Renard

Bonjour Nicolas.
CR intéressant… Pourrais-tu nous expliquer comment tu as déterminé tes zones cibles de puissance sur les différents tronçons du parcours ? C’est un principe de base quand on utilise un capteur de puissance… Mais ce n’est pas toujours facile de définir ces zones sur une « course longue » pour tenir compte de la fatigue, de la chaleur et de la déshydratation…
Merci
Patrick

    Nicolas

    Merci Patrick,
    c’est une excellente idée que je vais essayer de faire sur une prochaine vidéo

Robert

Joli récit de ton étape !!

Félicitations !! étant également de la partie…je te rassure que l’Izoard m’a également scotché !!

Et je te confirme, région magnifique avec un joli terrain de jeu.

Encore Bravo

    Nicolas

    Merci Robert 😉

Pierre

Bonjour à toutes et tous les cyclosportifs. Je suis très loin de se niveau. Mais je suis très fier d’être coaché par « Maitre » Nicolas. Toutes mes félicitations pour la performance et le résumé de l’ épreuve. Un grand bravo également à tous les participants qui sont arrivés au bout de la course. À très bientôt sur les routes des Hautes-Alpes.

Aillaud

Tout à fait d’accord concernant les ravitaillements liquides avec uniquement des sucres et de l’eau! ASO = RADIN
Par contre tu ne montre pas l’exemple en grugeant les sas. Imagine si on faisait tous pareil.

    Nicolas

    Woho , je suis désolé, j’ai eu l’occasion cela ne pénalise personne. Comme je l’ai dit dans l’article ce n’était pas mon intention au départ, on me la proposer sans que cela ne soit au détriment de qui que ce soit.
    La triche je la condamne, mais là pardon, je ne vois pas où est la tricherie ?
    Donc on se calme s’il vous plait.

      Aillaud

      Très calme et cool!
      8h30 pour ma 8eme EDT a 63 ans ça me convient
      Je pense simplement que pour un « coach » ce n’est’ pas un très bon exemple à donner et apparement je ne suis pas le seul.

      JOHN

      « On se calme s’il vous plait »

      Ce n’est pas une réponse pour Aillaud.

      Tout le monde ne pouvait pas faire comme toi.
      Franchement je suis déçu Nicholas – pas le « fair-play ».
      Il faut admettre l’erreur et il faut s’excuser – ça je respecte.

Pierre

Toutes mes félicitations. Mille bravo. Très belle performance. Magnifique résumé, ca m’a procuré des frissons, j’y étais !
Merci et belle victoire à tous les participants qui sont arrivés au bout de la course.
Très fier d’être Coaché par « Maitre » Nicolas. À très bientôt sur les routes des Hautes-Alpes.

Boissin Olivier

Bravo pour ce super récit, cela me conforte dans l’idée d’éviter cette épreuve / tarif exorbitant au regard des prestations proposées et me titille dans l’idée d’investir dans un capteur de puissance même si le prix me bloque encore.

Thibaut H.

Salut Nico ! Bravo pour ton Étape !

J’ai aussi participé à cette magnifique cyclo et aurais bien voulu rouler un peu avec toi mais quand j’ai découvert mon numéro de dossard (15529) je savais que c’était cuit. Départ pour moi à 8h52 ! Côté positif de la chose c’est que le réveil n’était pas trop matinal, le temps de manger tranquillement et commencer à tourner les jambes entre Serre-Chevalier et Briançon. Pour une première Étape du Tour je trouvais ça incroyable tout ce monde, cette ambiance ! Objectif, être finisher si possible sous les 8h. J’ai oublié le top 1000 que je m’étais fixé en tout début de préparation puisque avec un sas 15 cet objectif était devenu irréalisable, sinon s’appeler Warren Barguil lol. Départ donné, j’ai repris le temps de chauffer les jambes à nouveau et patiner dans les roues. Mon seul repère, le cardio, pas de capteur de puissance pour moi. Je me suis donc forcé à rester sous les 80% fcmax (sous tes bons conseils) et essayer de ne pas trop souvent dépasser les 85% quand la roule s’élève. Dur dur avec un coeur ultra réactif au moindre effort. Côté ravito je savais que j’allais m’y arrêter à tous sans exception, et je n’ai pas prévu de temps limite. Ne pas confondre vitesse et précipitation me paraissait une bonne chose.
La première partie jusqu’au sommet de la côte des demoiselles coiffées passe comme une lettre à la poste, le temps d’admirer le paysage, prendre des photos en roulant, et avoir une petite pensée pour notre bon coach Nico en traversant Embrun ! La descente avec vue sur le lac était une merveille, j’en ai pris plein les yeux, presque parfois trop distrait par le paysage au lieu de regarder la route. Un coureur accidenté dans un ambulance m’a remis les idées en place, son vélo était cassé en deux quelques dizaines de mètres plus loin aux abords d’une épingle à cheveux…
Prêt à attaquer la vallée de l’Ubaye, les sensations étaient excellentes et c’est probablement là que j’ai du perdre un peu la bonne gestion de ma course. Elle m’a certainement fait dépenser de l’énergie jusqu’au pied du col de Vars. Il n’y avait pas vraiment de groupe qui progressait sur la longueur, c’était un peu le foutoir, des coureurs partout, un peu du chacun pour soi à son propre rythme. J’ai donc pas mal de fois fait le jump pour accrocher des roues qui me semblaient bonnes à suivre. Le coeur est bien-sûr monté d’un bon cran et je ne respectais plus trop la limite des 80%.
Les bonnes sensations m’ont même poussé à prendre des relais, erreur. Après avoir mis un temps scandaleux à pouvoir remplir mes gourdes à Barcelonnette (ravito dévalisé, stocks d’eau vides et une seule malheureuse rampe d’eau pour tout le monde avec presque la moitié des robinets HS !!!) je repartais vers le col de Vars en ayant à l’esprit de bien gérer mon effort. Un œil sur le cardio et le coup de pédale bien fluide j’abordais la montée assez confiant malgré les efforts consentis dans la vallée.
La première partie est passée toute seule, les 5 derniers kilomètres c’était une autre histoire. J’ai assez rapidement arrêté de discuter avec un suédois qui montait à la même vitesse à côté de moi. La chaleur était supportable. Autour de 11 km/h, cardio au seuil, j’ai pris ce mur pleine face mais gardait le rythme. Petit rythme avec une cadence autour de 60 rpm, tout à gauche sur mon 36×28 qui sur le coup était très limite. Je dépassais, laborieusement, énormément de monde avec peut-être 1 ou 2 km/h de plus en alternant assis et danseuse, ça faisait bien au moral pour tenir cet effort. Certains étaient déjà à pied, d’autres assis sur le côté pour récupérer. La fin du col est passée au mental car les jambes commençaient à faire défaut. Je ne me suis pas rassuré en pensant à l’izoard qui arrivait derrière. Après un bon ravito, descente superbe vers Guillestre. A partir de là je ne comptais plus que sur moi-même pour progresser. Vallée du Guil seul pour une bonne partie, je suis arrivé au croisement symbolisant le pied de l’izoard.
« A la vie à la mort ! » Jusqu’au ravito du Chalp c’était très mitigé, entre les portions assez roulantes qui semblaient être un cadeau du ciel où j’en profitais pour bien tourner les jambes, et les portions plus raides qui me faisaient monter au ralenti. La chaleur était devenue trop pesante, j’ai choisis de m’arrêter à une petite fontaine pour me rafraichir et en faire sourire quelques-uns en annonçant ma renaissance. Pas pour longtemps. Toujours à mon petit rythme laborieux mais suffisant pour dépasser en permanence des cyclistes en perdition, je me réconfortais en me disant que tous ceux que je dépasse ont encore plus mal que moi. La portion à 10% après Brunissard m’a parue très longue, j’évitais de regarder trop loin devant moi pour ne pas me dégoûter. La forêt aussi très dure pour moi offrait quand même quelques secondes de récup dans les épingles à cheveux. La casse déserte était un bonheur visuel, mental et musculaire. Les 2 derniers kilomètres, une galère aussi, mais si prêt du but inconcevable de poser pied à terre. D’autant plus que les petites citations des pancartes à chaque kilomètre donnaient encore un petit sursaut de force mentale. Le dernier virage avant la ligne, j’ai donné mes dernières forces en baissant quelques dents pour finir « en beauté » et gagner quelques places de plus par la même occasion. L’épuisement m’a à peine laissé le temps de remarquer le célèbre diable allemand du Tour qui nous accueillait sur la ligne d’arrivée.

Victoire !

Au compteur, le chrono indiquait 7h 46′ avec un petit 23 km/h de moyenne. Pas héroïque mais pas si mauvais non plus pour une première fois sur une cyclo de cette longueur et difficulté. Le temps officiel me rajoute une heure en plus en comptabilisant tous mes ravitos et mon arrêt à la « fontaine fraicheur ». Au classement, avec une 5782éme place, je suis plutôt satisfait.
Je repars heureux de cette superbe expérience où j’ai croisé des gens de toute nationalité (même japonais, brésilien, américains !) objectif atteint pour être arrivé au bout, un temps de vélo sous 8h et un classement qui m’indique au final que j’ai remonté un peu plus de 9000 coureurs !

Rendez-vous l’année prochaine pour faire mieux !

    JOHN

    Well done Thibaut!

    Congratulations – there were many on the Izouard à pied et au bord de la route, « en perdition ».

hannoun

Bonjour,
Tu arrives très bien à analyser ta course, j’étais dedans.,
Bravo et merci pour tes retours
Yves

TRONCHON Robert

Merci NICOLAS pour ce récit – Grace à toi, j’ai participé virtuellement à ton étape – j’ai vécu tes joies et tes peines comme si j’étais « sur bon porte-bagages » – j’ai eu la chance d’effectuer ce périple en moto…oui c’est plus facile…j’en ai pris plein les yeux – quels paysages magnifiques, le regard embrasse à 90 % les splendeurs de la région – Merci d’avoir fait vivre aux cyclistes passionnés moins courageux ou insuffisamment préparés cette belle journée

poirot

Bravo Nicolas,

Je suis parti dans le sas 3 et j’ai fini en 7h03′, après avoir littéralement explosé dans l’Izoard (je ne me suis pas assez
alimenté). Je suis tout comme toi un peu déçu de ne pas être descendu sous les 7h et surtout d’avoir monté l’Izoard en plus d’une heure 30 alors que je l’avais escaladé en 1h03′ quelques semaines avant.

    Nicolas

    Merci !

    On a fait la même course , dommage 😉

Duprat

Bravo à toi

J envisage de faire cette étape du tour en solitaire ou accompagné de 2 ou 3 cyclistes de la région, seulement pour le plaisir et l’objectif humble de arriver et d en avoir encore sous la pédale. Actuellement j enchaîne des distances de 100km pour habituer mon.corps en suivant tes nombreux conseils. Je pense faire cette sortie début septembre et je te tiendrais au courant si.cela te dis de rouler un peu ensemble .
Bien cordialement à tous
Frédéric

    Nicolas

    Super !
    Pourquoi une partie , mais je t’avoue que je n’en peu plus de ce parcours !!!
    Maintenant je me consacre aux courses ufolep jusqu’a la fin de la saison

second pierre

Bravo Nico
Un fidèle admirateur. J’étais des vôtres l’année passée pour la cinglée du ventoux, mais avec mon entraînement(500 km) je n’ai pus faire que 2 montées. En tt cas continue comme ça Nico. Je suis fan!

Agnieszka

Merci pour ce partage et bravo pour ces 7h07.
Grâce à vos conseils du blog j’ai pu finir la course en 8h (et 2 ou 3 minutes) apres uniquement 3 mois de velo. Vous avez dit à la radio que c’est pas raisonnable mais faire une telle course exige un grain de folie. Merci encore !

Arnaud

Bravo Nicolas, que d’émotion à lire tes propos. J’y étais aussi mais j’ai profité davantage des paysages en passant quelques heures en plus. On pense beaucoup à tes conseils lorqu’on est sur le vélo et en passant dans les rues d’Embrun. Merci pour toutes tes vidéos. Le soir, je me suis dis j’arrête : je n’ai plus d’objectif pour cette année. Mais dès le lendemain, j’ai feuilleté la liste des cyclos. Et oui, on n’en peut plus des bananes et morceaux d’orane.

    Nicolas

    Super Arnaud, félicitation !!
    Oui souvent le lendemain on a une remontada de motivation

    Forza !

Finetto

Très bien ton reportage il résume tout à fait ce que j’ai ressenti.
J’ai 64 ans et je n’avais jamais fait un truc pareil, il faut dire qu’en Lorraine il n’y a pas beaucoup de montagne.Je suis parti avec le dossard 12095 et a l’arrivée 4518.J’ai mis 8h21 malgré quelques soucis de dérailleur AR(plusieurs fois dans la montée du col de Vars).
Il faut dire que je me suis préparé en suivant tes conseils et cela a payé.
J’étais parti avec l’idée de finir le parcours sans me faire éliminer.

JOHN

« On se calme s’il vous plait »

Ce n’est pas une réponse pour Aillaud.

Tout le monde ne pouvait pas faire comme toi.
Franchement je suis déçu Nicholas – pas le « fair-play ».
Il faut admettre l’erreur et il faut s’excuser – ça je respecte.

Bravo Nicolas !
7h07 quand même !! j’ai honte de donner mon propre temps…(10h00m46s)

Je suis tout à fait d’accord avec toi sur les ravitos. Tu aurais du voir le chantier que c’était pour nous…

Ta dernière réflexion sur les points forts/faibles est je trouve capital !

A très bientôt

poirot

Je ne vois pas en quoi Nicolas n’est pas fair play parce qu’il est parti dans le sas 2 au lieu du sas 5. Il a eu une opportunité, il l’a saisit, j’aurai fait de même. De toute façon, 7h07′, ça fait aux alentours de la 1500 ième place, donc ça équivaut à un départ dans le sas 1. J’avais moi même hérité du sas 13 alors que je viens de faire un podium à pra loup dans ma catégorie. J’ai du bataillé pour que l’organisation me redonne un sas plus avantageux (le 3). Malgré tout, je suis parti loin de mon niveau et me suis retrouvé au niveau du sas 1 après une cinquantaine de bornes. Bien évidemment, les efforts fournis pour se replacer se sont payés cash dans l’Izoard.

    JOHN

    Si on commence tot on peut éviter la grosse chaleur sur le Col de Vars et aussi souvent il y a le vent dans le dos entre Briançon et Embrun de bonne heure.

    Plus simplement si les cyclistes (presque 16,000 inscrits) qui ne sont pas content de leur SAS vont dans un autre SAS ………………… imaginez le bordel!

    Les règles sont là.

    Si on s’en fous des règles ce n’est pas le fair play.
    Aillaud a écrit « Par contre tu ne montre pas l’exemple en grugeant les sas. Imagine si on faisait tous pareil. »
    Je suis d’accord avec Aillaud.

Sonia

j’ai lu d’un trait ton récit qui m’a captivé. J’ai eu l’impression de revivre avec toi toutes les sensations, les bons moments et les moments difficiles.
Malgré la difficultés de cette course tu semble avoir pris beaucoup de plaisir à rouler dans ce beau cadre haut-alpins et ponctuer ton périple par quelques des échanges avec tes amis et lecteurs du blog. Finalement la médaille et la victoire c’est secondaire 😉

Olivier

Merci Nicolas pour ce récit qui nous fait revivre cette belle étape. J’ai suivi tes conseils depuis ta conférence d’Explore Corsica et même résultat (avec 40’de + quand même…): bonne moyenne sans trop de fatigue jusqu’au début de l’Izoard, puis galère jusqu’au sommet (1h33 avec 2 arrêts). J’ai du mal à trouver des explications, donc si tu en as, je suis preneur. Merci encore pour tes conseils qui donnent la pêche !

Sarazin74

Un grand bravo à toi
Beau récit ont n à l’impression de la faire avec toi
Pascal

Steck

Bravo à vous
Pour nous malheureusement , mon fils a dû abandonner après le Vars ( fringale) vu son numéro de dossard 12000 et des poussières il n y avait plus rien aux ravitaillements sauf oranges et ou bananes( pour mettre dans les poches) et au pied du Vars même plus d eau !Triste alors qu’ il ne restait que 30 km mais vu son état plus judicieux de mettre pieds à terre à contre cœur…ceci n’ est pas un manque d entraînement ni mauvaise alimentation vu qu’ il a l habitude de faire cela ( Liège Bastogne liege 270km, Paris Roubaix, gran fondo etc…)

    JOHN

    C’est dommage!
    Les ravitos étaient « not good enough »!!!

Durbec

Bravo Nicolas , très bien résumé cette étape du tour . Pour ma par j’était dans le SAS N9 avec une attente pareille je me suis fais piéger malgré les conseils donner j’ai donc super bien roulé jusqu’à Gleizolles et ensuite j’ai commencé à sentir mes muscles devenir douloureux j’avais trop travaillé en force jusque là ,et le col de vars je l’ai passé difficilement j’ai tout de suite compris que le col de l’Izoard allé être un enfer malgré mon poids light et vélo de grimpeur , je me suis pas trompé ! arriver dans le col de grosses crampes au quadriceps droit mon fait descendre du vélo pour marcher quelques minutes en attente que sa passe . Résultat 20 mn de perdu sur mon groupe à l’arrivé . Mon analyse et la suivante : le SAS 9 c’est trop d’attente , rouler trop vite sur le plat pour rattraper le temps et ne pas prendre son temps au ravitos plus souvent pour reprendre des forces avec un braquet de 36 11/28 c’est pas terrible un 34 a l’avent ou 12/30 aurait était parfait .

Bessonneau

Salut Nicolas,
Moi je n’ai pas fait celle-ci, mais celle de Pau – Hautacam en 2008… Ravitaillement aussi stupide, et tarif déjà prohibitif, mais je voulais une expérience montagne…
Raison pour la quelle je ne cautionne plus les organisation de A S O…
Je te félicite ainsi que tous les autres qui ont fini cette épreuve.
Christian

Charif

Bravo Nico, c’est dommage d’avoir raté ton objectif de sept minutes, mais ça reste un bon chrono.
Merci de partager avec nous cette course, on a l’impression d’y être.
La gestion de la course n’est pas mon fort, j’en tirerai autant que des quelques courses que j’ai fait.

Didier STERCKX

« Je suis résolument un rouleur puncheur et les étapes du Tour sont faites pour des grimpeurs besogneux. Je coache depuis des années mes clients à renforcer leurs points forts et à développer leurs talents, ce que je vous invite à faire »

Ne faudrait il pas plutôt travailler tes points faibles ?

Bravo Nico ! Et merci pour ce récit.

Aussi merci pour ton blog. Cela m’a permis de réussir la cinglée du Ventoux.

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