Tactique : Comment bien se placer dans un peloton ?

Les jambes lourdes du cycliste par dagwald

Tactique : Comment bien se placer dans un peloton ?

Être bien placé dans un groupe peut vous faire gagner 30% de puissance. À la longue, cela fait une différence, mais cela demande plus d’attention et de patience. Je vous indique dans cette vidéo comment renforcer les deux qualités mentales qui vous permettront d’être bien placé et de faire la différence dans les moments clés.

 

 

 

Retranscription texte :

Bonjour les amis, et bienvenue dans cette nouvelle vidéo du blog La Meilleure cyclosportive de votre vie dans laquelle on va parler un peu tactique, aujourd’hui.

Parce que j’ai beaucoup de demandes : « Nico, comment peut-on faire, soit pour rester dans le paquet et arrêter de se faire larguer dans les cyclos ou dans les courses, le dimanche ? J’essaie de tenir le paquet et, paf, je me fais larguer. Ou bien, j’arrive à tenir le paquet, mais à chaque fois, dans les moments clés, je me fais larguer. »

Déjà, bonne nouvelle, c’est que si vous en êtes là, dans un sens comme dans l’autre, ça veut dire que vous êtes à peu près au niveau du peloton, mais vous commettez sûrement une erreur classique, une erreur très répandue, de mauvais placement dans le peloton.
Vous devez savoir que, quand vous êtes dans les roues d’un type, si vous êtes dans les roues, c’est-à-dire à moins de 50 cm de sa roue, vous consommez jusqu’à 30 % d’énergie en moins. Ça veut dire que si lui, pour rouler devant, il dépense 400 watts, vous, derrière vous dépensez 280 watts. Je ne vous dis pas l’écart, c’est considérable. Vous pouvez tenir beaucoup plus longtemps.
Donc, savoir prendre les roues est essentiel en vélo, parce que, sinon, vous ne pouvez pas lutter seul contre le peloton.

Parce que, quand un mec est capable de rouler, comme je dis, à 400 watts, peut-être que vous n’êtes pas capable de tenir plus de 5 minutes. Sauf que, peut-être qu’il y a un type qui va rouler à 400 watts pendant 1 minute, et puis un autre, et puis un autre, et si vous ne prenez pas les roues, eh bien, vous roulez tout le temps à 400 watts et au bout d’un moment, vous pouvez être le meilleur des meilleurs, vous pétez ou, en tout cas, vous n’avez plus de jambes pour faire la différence.
Alors, comment rouler dans le peloton ? Ça mériterait plusieurs vidéos, mais je vous explique juste un élément clé : c’est savoir se placer dans le paquet.
Un peloton, c’est toujours en flèche, comme ça, et après il y a une traînée.

Ça peut être une flèche ici, sur le côté, ou sur l’autre côté, selon d’où vient le vent. Mais l’endroit où vous êtes le plus protégé dans un paquet, c’est ici. Si vous êtes placé devant ou sur les côtés, vous prenez du vent. Mais si vous êtes ici, à la base de la flèche, vous ne donnez pas un coup de pédale, et je pense même que vous êtes au-dessus des 30 % d’économie, c’est incroyable !
Et vous regarderez : tous les gars qui savent rouler se mettent par là et vous ne les voyez pas de la course. De temps en temps, ils vont se retrouver devant, « à l’insu de leur plein gré », mais ils vont vite se remettre ici.

Si vous êtes là derrière, c’est la zone rouge. Pourquoi ? Parce que derrière vous subissez toutes les accélérations du paquet. Chaque fois qu’il y en a un qui va partir devant, le paquet va s’étirer. Au départ, il va faire 50 mètres, et puis les autres vont rattraper des mètres, mais à chaque fois, ça étire le paquet et ceux qui sont là n’ont plus 50 mètres à rattraper, mais 60, 70, 80 mètres. Une fois, deux fois, trois fois, à la fin c’est terminé, vous subissez toutes les accélérations.
Alors que quand vous êtes par là, vous subissez beaucoup moins les accélérations parce que vous avez ceux devant qui les absorbent, et comme vous prenez leur roue, il y a moins d’écart à combler et c’est plus facile.
Et même, en général, c’est ceux qui sont sur les côtés qui vont faire l’effort et vous, vous prenez leur aspiration et vous êtes complètement protégé.

Vous voyez que c’est vraiment crucial. Ici, vous vous épuisez parce que vous tirez le paquet, ici vous vous épuisez parce que vous subissez. L’idée est donc d’être ici. Seulement, vous n’êtes pas le seul à en avoir l’idée, il y en a plusieurs qui vont vouloir s’y mettre, des anciens expérimentés, d’autres qui ne savent pas, mais qui sont là au milieu, c’est souvent là où il y a du trafic. Et comme j’en discutais récemment avec un de mes amis du club, vous économisez 30 % d’énergie physique, mais si vous n’êtes pas prêt mentalement, vous allez dépenser beaucoup d’énergie psychique.

Je vous rassure, il y a eu plein d’études menées à ce sujet, notamment par l’université de Clermont-Ferrand et l’université de Lyon, qui ont démontré que l’énergie psychique que l’on pouvait dépenser pour être vigilant et rester concentré dans un paquet est moins élevée que l’énergie qu’on économise physiquement, mais c’est quand même de l’énergie et si on n’a pas l’habitude, ça peut vous avoir usé psychiquement si bien que quand vous arrivez dans les moments clés – parce qu’une course, c’est pas tout le temps à fond, il y a des moments où ça va rouler au tempo, vous êtes planqué là-dedans, il n’y a pas de problème – il faut être prêt physiquement et psychiquement à sortir, à se battre, à aller se faire mal, et une fois qu’on est dans les roues, on va récupérer. Et pour ça, c’est important de se préparer mentalement.

Alors, je ne vais pas vous faire 50 exercices, mais s’il y a un exercice que vous devez faire, c’est celui de la méditation. J’en ai déjà parlé dans le blog de La Meilleure cyclosportive : s’entraîner à méditer n’est pas quelque chose de forcément spirituel – vous pouvez, mais pas seulement –, c’est simplement de l’attention.

C’est soit concentrer votre attention sur un objet, vous faites de la concentration à la Yannick Noah, vous posez une pomme sur une table et vous regardez la pomme. Et chaque fois que vous avez quelque chose qui vous traverse l’esprit, vous le laissez traverser votre esprit, mais vous ne le laissez pas accrocher votre pensée. Vous vous dites « j’ai conscience que je pense aux factures que je dois payer, OK, mais j’y penserai plus tard », et ça passe. Ça passe et ça passe… et à force de nettoyer votre esprit vous allez apprendre à vous concentrer. Et dans un paquet, c’est ce qu’il faut, c’est simplement être hyper vigilant.

Mais la vigilance, c’est un muscle mental. C’est comme vos muscles physiques, si vous ne l’entretenez jamais, vous ne l’aurez pas le jour de la course. Et ça va vous fatiguer d’essayer de vous concentrer.
Par contre, si vous apprenez à vous concentrer, sur un objet par exemple, eh bien, le jour de la course vous serez habitué à vous concentrer et quand les autres seront épuisés, vous, vous en aurez encore sous le pied, mentalement, pour être vigilant, attentif, savoir prendre les bons coups, regarder autour de vous, etc., parce que vous savez être concentré.

Donc, travaillez la concentration. Ne travaillez pas la zappette sur votre télécommande ou votre ordinateur avec 50 choses à la fois, parce que, ça, c’est l’inverse, c’est travailler la dispersion et l’agitation mentale. Vous, en travaillant la concentration, vous allez améliorer considérablement vos résultats pour savoir vous placer au bon endroit dans le paquet.

Voilà les amis, c’est fini pour cette semaine. Comme d’habitude, si vous avez aimé la vidéo, cliquez sur « j’aime » et partagez-la, c’est sympa. Sinon, si vous êtes là pour la première fois, cliquez sur le lien de La Meilleure cyclosportive de votre vie ici, vous pourrez avoir gratuitement 12 exercices pour être en super forme en peu de temps et rapidement.
Je vous dis à très bientôt, et maintenant, c’est à vous de jouer !

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Commentaires (8)

stef01

Salut nico c est exactement l erreur que j ai commis ce week-end le placement merci pour ce rappel .

    olivier

    merci nico.

    oui c’est erreur que je fessais souvent .

    merci

Vieren

C’est bien de savoir se protéger et de se concentrer, mais il y a une chose importante pou la sécurité: garder sa ligne… Ce qui est arrive au championnat de France dimanche n’aurait pas du se passer… Nos dirigeants bénévoles quand je faisais des compétitions noir recommandaient de toujours garder sa trajectoire afin que le coureur qui suit ne soit pas balaye par une roue arrière… Quand ou roule en peloton on est pas tout seul aurait dit Mr de la Palisse… Couper les virages a la corde, naviguer de gauche à droite au sein du peloton, lâcher son guidon en tête de groupe, même si on est un artiste en équilibre finit toujours mal… A bon entendeur et amitiés cyclistes…

Florent

super vidéo vraiment plein d’infos!!!!

salut nico,

pour ma part, je n’en suis pas encore là! je roule seul selon mes envies et mes disponibilités, tout au plus avec 1 ou 2 copains,

mais je suis friand de tes conseils et saurais en profiter le temps voulu!

cyclosportivement !!!

michel

Gil

Des conseils, de super conseils
Très instructifs pour ma maigre expérience du peloton

Merci Nico et à toi aussi Vieren

pascal

Merci nicco

Je vais la mettre en pratique à prochaine cyclo. Ca fait d’une des erreurs à corriger.

mille merci de mettre le doigt ou ça fait mal

Sportivement.

Eric 25

Comme d’hab, simple, clair, efficace ! Merci Nico

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