Interview Guillaume Prébois: Le cycliste à l’eau claire

Interview Guillaume Prébois: Le cycliste à l’eau claire

guillaume-preboisJ’ai la chance de vous retranscrire cette semaine l’interview exclusive que m’a accordée Guillaume Prébois, le journaliste cycliste qui a décidé de réaliser une série d’exploits pour démontrer qu’il est possible de faire le Tour de France à l’eau claire . Guillaume nous donne son analyse sans détour du cyclisme professionnel qu’il connait bien. Mais aussi quelques clés qui lui ont permis de réaliser ses exploits.

Le sens

Vous avez effectué en 2007 les étapes du Tour de France, 24H avant les pros et contrôlé par l’Agence Française de Lutte contre le Dopage pour prouver qu’on peut faire un Tour à l’eau claire. À presque 40 ans, alors que vous êtes journaliste et pas cycliste professionnel, vous avez fait quasiment du 30 km/h de moyenne et sans bénéficier de l’aspiration du peloton. Woho ! Bravo !

Quel est le message de cet exploit ?

Guillaume Prébois: J’ai vécu deux périodes importantes. En 1999, j’étais l’attaché de presse de l’équipe pro Lampre-Daikin et ce que j’ai vu dans les coulisses m’a terrifié. J’ai quitté mes fonctions dès le mois d’août, le team avait déjà affronté 2 affaires de dopage (Camenzind, Diercksens). J’ai compris la réalité obscure de ce milieu. Par la suite, je me suis lancé dans de grandes enquêtes sur le dopage et ses rouages mafieux, ses implications sportives et politiques. Hélas, la conclusion était évidente : l’usage de produits dopants est généralisé et obligatoire si l’on souhaite obtenir des résultats.

J’ai grandi avec les belles images du Tour de France en juillet et je me refusais à l’idée que la Grande Boucle soit impossible sans dopage. J’ai donc proposé au journal Le Monde le concept d’un Tour «  à l’eau claire » avec partenariat de l’Université de Toulouse (service de médecine du sport du professeur Rivière) et l’AFLD (qui m’a contrôlé 8 fois par surprise). La thèse rédigée par le docteur Dorian Lecamp a démontré que rien dans mes paramètres physiologiques n’avait changé en 3 semaines de Tour (ni le bilan hormonal, ni l’hématocrite). Oui, le Tour peut être couvert à allure sportive sans tricherie. « C’est possible ! », tel était le message. Etant simplement un cycliste amateur, bien entraîné mais sans les qualités physiologiques d’un champion, je dis aux pros : « vous qui avez du talent, offrez-nous un spectacle propre et sain, parce que vous en avez le potentiel ».

Votre exploit tord-il le cou au « tous dopés » et à cette habitude de suspecter tous ceux qui ont des bons résultats ?

Guillaume Prébois: Hélas non. L’Autre Tour a montré qu’on peut faire le Tour à allure sportive ( je finis à 31,2 km/h de moyenne générale en 2008), que l’organisme a les ressources d’endurance et que la santé n’est pas mise en péril (ce qui contredit la thèse du « rééquilibrage hormonal » invoquée par certains pros), mais les chiffres hallucinants des puissances développées par les pros dans les ascensions alpestres ou pyrénéennes montre que la ligne jaune est franchie (se référer aux calculs d’Antoine Vayer qui situe le seuil humain/mutant à 450 watts) par les meilleurs.

Le dopage n’est pas nécessaire pour faire le Tour, il l’est pour suivre les violentes accélérations dans le final en course. Il l’est aussi pour les équipiers qui, après avoir travaillé en plaine les premières étapes, dans le vent et la pluie ou la canicule, doivent rentrer dans les délais des meilleurs. Et finir à moins de 30 minutes de Contador ou Froome sur une étape de montagne de 250 km avec 3 cols Hors-Catégorie en 3ème semaine de Tour, c’est un miracle (qui s’explique par le dopage justement).

Mon avis est simple : nous savons qu’il y a des dopés dans le peloton (les contrôles en piègent souvent). Or les produits permettent d’améliorer les performances de 15 à 20% : dès lors, pour rivaliser avec eux, il faut aussi « se soigner » (selon la terminologie du peloton). C’est une obligation, pas un choix , sous peine d’être largué dès  les premiers kilomètres. Pour info, la plupart des coureurs amateurs « 1ère caté » que je connais prennent des produits, et nous ne sommes qu’au niveau inférieur au professionnalisme…

Pour être bien clair, cela ne donne aucun espoir aux passionnés de cyclisme qui veulent croire qu’il y a dans le peloton pro des jeunes cyclistes qui peuvent faire le tour sans être dopés ?

Guillaume Prébois: Regardons les chiffres en face. Les moyennes horaires du peloton, les puissances développées dans les cols, n’ont pas baissé depuis l’ère Armstrong…Comment penser que les choses ont changé ? Je me répète : un coureur propre ne peut pas rivaliser avec un autre qui se charge à l’EPO de 3ème génération, à l’insuline, aux corticos, à l’hormone de croissance, à la testostérone…Un coureur propre se fera larguer et rentrera à la maison. Point à la ligne.

Il faut aussi ajouter une chose : si les coureurs étaient propres, on assisterait à une course diesel, avec sélection par l’arrière et non par l’avant, beaucoup moins de démarrages, un début d’étape tranquille pour que les jambes lourdes commencent à tourner lentement. On assiste au contraire à des attaques dès le kilomètre zéro en 3ème semaine de Tour.

La seule solution pour « nettoyer » le peloton, est de procéder à des contrôles surprise en dehors des compétitions (en course, ils procèdent tous à des transfusions, indétectables) quand ils sont en phase de traitement pour préparer les poches de sang. Il faudrait aussi confier l’antidopage à la police : l’Affaire Puerto, les preuves contre Armstrong etc…sont des coups des forces de l’ordre.

En menant des actions contre le dopage considérables, ne pensez-vous pas que le cyclisme a finalement attiré toute l’attention sur lui, laissant tranquilles les autres sports plus médiatiques comme le foot, le tennis, l’athlétisme, le rugby, etc. ?

Guillaume Prébois: C’est vrai, mais si vous dites à votre femme : « chérie, je ne repeins pas la façade parce que celle du voisin est encore plus sale que la nôtre », vous risquez une belle dispute…je veux dire que le cyclisme doit penser au cyclisme, peu importe ce qui se passe ailleurs. La gravité des faits ne se relativise pas par leur diffusion. Si un voleur dit : « tous les autres volent », il sera quand même envoyé en prison non ? Par ailleurs, n’oublions pas que des sports comme le tennis ou le football ont une composante technique élevée : même en se chargeant, un footballeur ne saura jamais dribbler comme Messi et un tennisman dopé n’aura pas le passing de Nadal. Alors qu’en cyclisme…il suffit d’appuyer sur les pédales, il n’y a pas de « geste » technique.

 

Les clés de vos exploits

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Depuis vous avez réalisé les 3 grands tours la même année à 30 km/h de moyenne, un tour du monde en 80 jours, plus 400 000 mètres de dénivelé en 7 mois, etc… Vous avez des caractéristiques physiques proches des meilleurs cyclistes pro (VO2max= 5 L/min, rapport poids puissances = 5,27, indice de masse graisse= 9%, …). Il ne suffit pas de rouler 15 000 bornes par an pour réussir de tels exploits.

À quoi attribuez-vous vos capacités ? Votre génétique ? Un entrainement particulier ?

Guillaume Prébois: J’ai juste eu la chance d’avoir un bon patrimoine génétique au départ. Bon, mais pas exceptionnel. J’ai seulement un caractère endurci, je me bats jusqu’au bout, quand je veux quelque chose je l’obtiens. Il m’a surtout fallu supporter la pression au cours de ces années : beaucoup espéraient que je n’aille pas au bout de mes défis, le « milieu » était contre moi, les grands médias complices du « Système » m’ont ignoré voire dénigré.

J’ai travaillé sérieusement sur mon vélo, j’ai fait le métier à 100%, et je me suis battu. Beaucoup d’autres pourraient le faire, mais la différence justement, c’est que moi je l’ai fait, je ne me suis pas contenté de parler. Parler et agir, il y a un océan entre les deux. J’ai pris des risques pour ma carrière professionnelle  et ma crédibilité. Mon courage est là.

Alors justement, pouvez-vous nous livrer quelques clefs qui vous permettent de faire presque aussi bien que les pros, sans dopage, en travaillant et à 40 ans ?

Guillaume Prébois: Mon effort était différent de celui des pros, c’est là que réside la clef . Je travaillais en endurance pure, je me battais seul dans les plaines et les cols, sans peloton, sans masseur le soir, sur route ouverte, mais je gérais mon allure en restant toujours sous le seuil limite alors que dans la course réelle, les violentes secousses du peloton vous obligent à monter dans « le rouge ».

Si vous « sautez » sur une accélération pendant le Tour, vous êtes largué et c’est fini, retour à la maison. Le dopage se joue là. Toutefois, j’ai mis toutes les chances de mon côté en suivant un entraînement de pro, en mangeant à la pointe de la diététique, et en luttant mentalement contre la douleur.

Le mental

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Guillaume, je suis préparateur mental alors une question m’intéresse particulièrement. Quand vous roulez seul face au vent pendant des kilomètres, dans le désert ou gravissez des cols pendants des heures, il faut avoir un mental en acier trempé.

Quelle place accordez-vous au mental dans vos exploits et dans votre préparation ?

Guillaume Prébois: Je le répète : je suis têtu et batailleur. Quand j’ai fait le Tour du Monde en 80 jours, il m’est arrivé de rouler, en Australie, sur une ligne droite dans le désert pendant 7 heures…Je pensais souvent à ce que j’allais écrire le soir dans mon article pour le journal Le Monde, je cherchais des phrases, des formules, des mots, pour retranscrire le plus précisément mes sensations. Et puis, mentalement, je m’amusais à diviser une longue étape en fractions : après 50km, je me disais : « ok, le premier quart est fait, c’est bon ». De petits encouragements pour continuer ma route. Le mental représente 80% de ma réussite.

Pensez-vous comme beaucoup dans le milieu sportif que c’est génétique (on l’a ou on l’a pas) ? Ou alors,  qu’il faut renforcer ses qualités naturelles ? Comment vous entrainez-vous mentalement ?

Guillaume Prébois: Beaucoup de gens ont dit sur les forums : « n’importe qui peut faire ce qu’il fait ». Physiquement, c’est probablement vrai (quoi que…), mais le hic, c’est justement que personne d’autre ne l’a fait. Depuis 2007 j’ai enchaîné 6 défis sportifs de haut niveau et aujourd’hui je suis vraiment fatigué, je paie un peu la note. Le vélo est l’école du mental, on en bave tous les jours en se faisant mal avec des intensités sur un col en pleine chaleur pendant que d’autres sont sous les platanes à siroter une anisette.

Dans mon cas, je jouais ma réputation et ma crédibilité, je crois que l’honneur meurtri est le plus puissant des moteurs humains. Un mental fort se détecte dès la cours de récréation où s’effectue la division entre enfants dominés et dominants.

Où trouvez-vous la motivation de monter vos exploits ? Quelles sont vos motivations profondes ? Vos sources d’inspiration ?

Guillaume Prébois: Le secret est de considérer chaque épreuve comme un jeu, une source de plaisir et de dépaysement. Le fait de ne pas connaître les régions que je traversais était fondamental, au sommet de chaque colline, à chaque virage, le spectacle était nouveau et mon cerveau découvrait de nouvelles choses, il était occupé par de nouveaux mondes, de nouvelles scènes. Fondamental. Quand je roule sur mes routes d’entraînements dans le Var, je m’ennuie rapidement parce que j’en connais chaque gravillon.

Je n’ai pas de héros humains. Par contre, je suis profondément croyant parce que je ne m’explique pas la complexité de l’Univers par le hasard à qui l’on prête trop de qualités alors qu’il est aveugle. N’en déduisez pas que, comme certains footballeurs se signent sur le terrain, je recherchais l’aide de Dieu dans mes aventures, ce serait une vision simpliste. Dieu a d’autres choses à faire que d’aider un cycliste à faire des kilomètres. Par contre, savoir que la vie a un sens véritable, un pourquoi, me donnait du réconfort et je remerciais le Créateur de voir à quel point le corps humain peut faire de grandes choses, même soumis à des conditions extrêmes. Chaque matin, je lis un passage ses Saintes-Ecritures, cela me donne calme et sérénité dans un monde agité.

Comment faites-vous pour surmonter les moments difficiles, la fatigue, les gros problèmes, les doutes ?

Guillaume Prébois: J’en parle dans le livre Moonrider. Dès qu’un doute survient, je l’élimine en pensant à autre chose, je visualise le moment positif qui suivra, je me vois déjà arriver à destination, franchir le col etc… Le cerveau ne peut se concentrer que sur un seul objet : l’effet est donc de supprimer le négatif et simultanément de générer de la confiance. La fatigue et les douleurs, on les oublie en restant dans l’idée du jeu. Enfants on jouait tous et il fallait que nos parents nous disent de rentrer, on ne ressentait jamais l’épuisement. Je me dis : « Guillaume, tu vas t’amuser aujourd’hui, regarde la chance que tu as : air, nature, vélo…d’autres sont enfermés dans des bureaux ». Dernier point, je relativise : même si j’échoue, le monde continuera de tourner. Inutile de se prendre au sérieux.

Avez-vous des mentors ou des personnes auprès de qui vous avez besoin de vous ressourcer ?

Guillaume Prébois: Pas de mentor. Ma cellule familiale (mes parents) et mes deux meilleurs amis suffisent à mon bonheur. Depuis 7 ans je suis parti 4 à 5 mois par an et mon prochain objectif est de trouver une épouse, à 41 ans, l’heure est venue.

Que pensez-vous du film La Grande Boucle ? Est-il  inspiré par votre histoire ?

Guillaume Prébois: Les producteurs m’ont contacté en mars 2012. Ils m’ont dit : « on a découvert que vous aviez vécu notre scénario…on écrit depuis 3 ans une histoire où un homme décide de faire le Tour un jour avant les pros ». Bref, ils n’ont jamais reconnu que l’idée de départ était la mienne. Ils ont toutefois été corrects, je suis monté à Paris pour les rencontrer. Au départ, ils voulaient me confier le coaching de Clovis Cornillac, mais cela ne s’est jamais fait. On m’a juste envoyé le scénario pour que je le relise, ce que j’ai fait. J’ai fait des propositions, mais le tournage avait en réalité déjà commencé… Le film est une comédie populaire, mais l’aspect antidopage est absent. Je crois que le produit fini est très éloigné de mon aventure….

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Pour conclure

Guillaume possède des aptitudes mentales au dessus de la moyenne mais qu’il sait exploiter au mieux en utilisant des leviers fondamentaux de la préparation mentale :

  1. Utiliser le plaisir comment moteur. Rechercher le plaisir ou rechercher comment en ressentir dans ce qu’il va faire.
  2. Passer à l’action. Les gens d’actions change le monde et n’ont pas peur des échecs qui sont inévitables pour arriver au succès. Bref, le courage  est une qualité qui s’entretient par l’action.
  3. Le focus: Au fin des années Guillaume a appris à se focaliser sur des choses positives, neutres ou, en tout cas, qui dépolarisent son attention de la douleur
  4. Avoir la foi. Qu’elle soit religieuse, spirituelle ou en soi, cette qualité mentale permet d’y croire encore quand tout le monde a plié les gaules. Tous les grands exploits sont réalisés grâce à une foi incroyable qui permet de surmonter plus d’échecs que la moyenne
  5. Un entourage positif qui le soutient. Dans les moments de doutes, les difficultés etc… Votre environnement joue un rôle souvent déterminant. Entourez-vous de gens motivants, inspirants et qui ont réalisé des choses plutôt que des gros tchacheurs.

À vous de jouer

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Commentaires (12)

Quel artice genial,il est bien evident que les moyennes horaires réalisées lors des étapes de montagne notamment,sont malheureusementhallucinantes.
Je suis moi même ancien sortif de bon niveau et je continu a penser que le cyclisme ne serait que plus beau sans dopage.De l »entrainement du courage et beaucoup de mental.
Felicitation pour cet article.

Nicolas Elzeard

Merci Patrice,
Je suis d’accord, le cyclisme serais plus beau sans dopage, car il y aurait plus de rebondissement.

Jean-Baptiste

Son livre Moonrider est aussi très intéressant.
Merci pour cette interview.

    Nicolas Elzeard

    Tu as parfaitement raison d’ailleurs je me le lien du site de Guillaume car il n’est dispo que sur son site.

Passionnant cet article !

Je vais le mettre sur Facebook….pour finir de convaincre ceux qui doutent ou qui croient encore au Père Noel !

L’autre fois, j’écoutais un interview de Christopher Froome, quant à sa performance du jour. Le journaliste lui a demandé :  »Christopher, regardez moi dans les yeux et dites moi que vous n’avez rien pris comme produits dopants  » ?
– Que voulez-vous que Froome réponde ?

Peut être que quelques années plus tard, ce journaliste aura sa réponse ( la vraie ! ) !

D’autre part, je retiens de ton article ( entre autre )  » : Un mental fort se détecte dès la cours de récréation où s’effectue la division entre enfants dominés et dominants. »

Apprenons à nos enfants , sportifs, aimant la compétition, à trouver leur force dans leur mental et non dans les produits.

Ce monde du sport de haut niveau me fait peur…surtout pour nos jeunes….pourront-ils éviter de se doper pour être au top !?

Merci Nicolas pour cte interview très instructif que je cours mettre sur facebook
Karine
ps: le pluggin comment luv….??? hiih !!

Oui Karine je penses qu’en renforçant notre mental on peut obtenir de meilleures performances. Et l’éducation de valeurs nobles comme l’intégrité et l’honnête en font parti.

Un des seul point avec lequel je ne suis pas d’accord avec Guillaume c’est le fait que le mental est déterminé à la naissance.
Comme le physique nous avons des predispositions mental . Le travail les renforces. Alors tout reste possible 😉

    Heureusement…inné + acquis = 1 force !

Xavier Lombart

Bonjour Nicolas,

Je vous remercie pour votre site que je viens de découvrir par l’entremise du blog de Guillaume.

Merci de votre générosité concernant le manuel SMART training, que je trouve pragmatique et très accessible pour les profanes. Il me paraît bien mettre en exergue les principaux fondamentaux de la préparation sportive, ainsi que les erreurs à éviter.

Bravo aussi pour les citations très pertinentes qui illustrent le propos, j’adore ça ;-).

Personnellement, je trouve votre travail pédagogique très important, spécialement vis-à-vis des jeunes intéressés par le vélo, auxquels il faut faire comprendre que ce que l’on a pu voir au tour de France de cette année ne correspond pas à la réalité.

Les « super-héros » (qualifions les de tels), c’est-à-dire ceux capables de remettre du braquet et de larguer leurs concurrents de manière foudroyante dans des murs à plus de 10% avec une température de 32°, n’existent pas dans la nature.

En ce sens, je pense qu’on pourrait comparer le cyclisme pro actuel aux combats de catch de la WWF. Du chiqué, des résultats exigés par les bailleurs de fonds et les médias.

Le plus triste, c’est que cela me paraît enlever le plus important aux vainqueurs : le plaisir et l’estime de soi. Le goût de leurs victoires semble leur paraître insipide.

Cependant, loin de moi l’idée de clôturer ce commentaire dans le négativisme !

Je pense, et continuerai à penser, que les choses peuvent changer dans le bon sens, petit à petit, pas à pas.

Votre approche du cyclisme est positive sur le plan du développement personnel. Le corps ne peut suivre sans l’esprit.

Comme dit la maxime « Mens sana in corpore sano » (ndlr : un esprit sain dans un corps sain !).

Allez, une petite citation pour finir en beauté : Hubert Reeves (célèbre astrophysicien) a répondu un jour à un journaliste qui l’interrogeait afin de savoir s’il était optimiste ou pessimiste quant à une prochaine solution à un problème céleste : « je ne suis ni optimiste ni pessimiste, simplement déterminé. ».

Bien cordialement,

Xavier.

Nicolas Elzeard

Merci Xavier pour ce super commentaire !

J’ai été sportif de haut niveau « sain ». En triathlon Ironman. Ce qu’on faisait à l’époque paraissait dément au yeux de profanes et même de sportifs amateurs. Je suis optimiste et je crois que le corps humain à des capacités exceptionnelles. Mais pour les exploiter il faut un entrainement bien adapté, ciblé et programmé. Une hygiène de vie exemplaire, être jeune et avoir du talent,…

Je ne veux pas être de la meute des sceptiques (trop nombreux dans le cyclisme) , même si comme beaucoup je me suis senti « le cocu » dans l’affaire Armstrong, Jalabert, Ulrich, Virenque etc… Je défendrais farouchement la présomption d’innocence parce que s’il n’y en a qu’un coureur sain il ne mérite pas le « tous dopé ».

Par contre quand quelqu’un se fait prendre, on doit le descendre et lui faire payer très cher pour ne pas donner envie à d’autre de jouer au jeu  » Et si je me fais prendre c’est pas si grave ». Non si je me fais prendre je dois tout perdre et même plus, car je suis monté sur le podium à la place d’un autre.

La commission parlementaire doit sortir les noms de l’enquête sur le tour 98 et le syndicat des cycliste pro met la pression pour ne pas la sortir ça c’est une honte.

Pour le moment nous nous concentrons sur notre santé, nos entrainements, notre alimentation pour pratiquer notre passion avec plaisir et performance 😉

A bientôt,

Laurent Guyautat

Bonjour à vous ,
J’avais beaucoup apprécié cet article en juillet dernier .
Mais depuis que j’ai lu la revue « Sport et Vie  » de jan/fév 2014 je ne sais plus quoi penser . l’article en question est disponible ici : http://www.vo2cycling.fr/forum/general/84762-high-roads-by-guillaume-presbois?start=60
ou bien sur les réseaux sociaux : https://twitter.com/fritsch_nicolas/status/424530211129282560
La phrase  » J’ignore ce qu’elles (les pilules ) contiennent mais elles sont très efficaces  » m’a glacé le sang .
A ma connaissance Guillaume Prébois n’ a pas réagi .J’ai tenté de lui envoyé un mail via son site mais sa page contact ne fonctionne pas .
Si vous pouviez reprendre contact avec lui , ce serait intéressant de connaître sa réaction. Merci à vous et bonne continuation .

Xavier Lopez

Bonsoir Mr.Prebois,

tout d’abord, je ne peux que être respectueux des différents défis que vous vous êtes donnés et bien sur des performances qui en découlent, aussi bien physiques que mentales.
Mais je dois tout de même relever certains points qui jettent l’opprobre sur les cyclistes professionnels et qui sont trés fortement discutables…

-« L’usage de produits dopants est généralisé et obligatoire si l’on souhaite obtenir des résultats. », vous ne pouvez pas sortir une telle phrase alors que votre derniere expérience à l’intérieur d’une équipe cycliste professionnelle remonte à plus de 15 ans.
-« L’Autre Tour a montré qu’on peut faire le Tour à allure sportive (…) mais les chiffres hallucinants des puissances développées par les pros dans les ascensions alpestres ou pyrénéennes montre que la ligne jaune est franchie », comparer « votre Tour » au Tour de France des professionnels est malhonnête car vous méme vous savez pertinemment que les puissances, les temps d’efforts et la récupération sont bien différentes. Tout simplement une étape de transition va être bien plus couteuse énergiquement pour quelqu’un seul face au vent que pour un cycliste bien au chaud dans un peloton même lancé à 50km/h… Un coureur du Tour de France a des « pics » de puissance (débuts/fins d’étapes, cols, bordures) mais sera la plupart du temps sur la « réserve ». Un cycliste seul n’aura jamais l’occasion de réellement l’être…
-« Les équipiers qui, après avoir travaillé en plaine les premières étapes, dans le vent et la pluie ou la canicule, doivent rentrer dans les délais des meilleurs. Et finir à moins de 30 minutes de Contador ou Froome sur une étape de montagne de 250 km avec 3 cols Hors-Catégorie en 3ème semaine de Tour, c’est un miracle (qui s’explique par le dopage justement) », les délais d’une étape de haute montagne de 250km sont d’environ 45/50 minutes (selon temps du vainqueur etc), et non 30 minutes…
-« On assiste au contraire à des attaques dès le kilomètre zéro en 3ème semaine de Tour. » On ne parle pas du méme coureur, le coureur qui la veille aura provoqué une violente accélération dans le dernier col et aura bataillé pendant 30min, n’attaque pas dés le km 0. Vous le savez pertinemment…

Bonne soirée

Bien sportivement

Xavier Lopez

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