La Transpyrénéenne de Walter

La Transpyrénéenne de Walter

Dans le cadre du blog je vous propose de nous faire vivre, partager des expériences exceptionnelles ou des voyages de rêve sur notre cher vélo. Cette semaine c’est Walter qui nous raconte sa Transpyrénéenne, bon voyage. 😉

En octobre 2014, un copain me propose de l’accompagner pour réaliser la TRANSPYR, un pari fou, relier la Méditerranée à l’océan en passant par le piémont pyrénéen côté espagnol, et le tout en une semaine et 7 étapes !
Je m’intéresse donc à l’évènement, regarde sur internet (http://www.transpyroad.com/) (si tu vas sur le site, il faut me trouver sur la photo des finishers, j’y suis) épreuve annoncée à 1 055 km, où seul un col est chronométré par jour. Je décide donc de relever le défi, avec l’aide de Nico j’effectue ma préparation hivernale, puis une préparation un peu plus spécifique montagne avec le CLUB PRIVÉ et les conseils de Nico. J’allonge les distances, je me rapproche de mon poids de forme, etc. Mais des contrariétés perso me font décrocher de mon entraînement en mai et juin.

Arrive la date du 27 juin, début de l’épreuve et je ne sais absolument pas où je vais ni dans quelle forme je me trouve. Suis-je prêt ???

Le samedi 27, rendez-vous à Toulouse pour le départ en voiture jusqu’à Rosas en Espagne ; formalités faites, départ à 17 h du prologue 21 km, un col et une arrivée à Cadaques, une mise en jambe de 50 minutes.
Dimanche 28 CADAQUES – CAMPRODON, départ 8 heures, 155 km, 3 270 m de dénivelé positif, 5 cols avec un chrono dans le dernier (17,9 km avec du max à 17 %) tout ça par plus de 40 ° (42 pour être précis). Fin d’étape après 7 h 10 de selle et arrêt de 5’ à 800 m du sommet du col chrono pour cause de surchauffe frison cardio qui s’emballe…. La semaine va être longue…

explore corsica

Lundi 29 CAMPRODON-LA SEU D’URGELL départ 8 heures, 148 km, 3 110 m de dénivelé positif, 5 cols avec le chrono dans le 3e, le col de Pradell (au km 78 pour 15,3 km, 1 023 m et un max à 23 %) les 7 derniers km avec de forts pourcentages souvent entre 12 % et 15 % et un passage sur un « camino rural » de 400 m à 20 % dans lequel je serais victime d’une crevaison du boyau roue avant, toujours sous la canicule. Au final, de nouveau 7 h 5 de selle et encore du temps de perdu dans le chrono.

Mardi 30 LA SEU D’URGELL-EL PONT DE SUER départ 8 heures, 138,5 km, 2 970, 4 cols, mais aujourd’hui c’est le premier col qui est chronométré (24,6 km faible pourcentage moyen 4,5, tout ce que j’aime) aucun incident et un bon temps me permettront de me replacer un peu au général. Même punition que les jours précédents, très forte chaleur et 6 h 30 de vélo.

Mercredi 1 EL PONT DE SUER-AINSA départ 8 heures 149 km, 5 cols, 3150 m ,7 h 10 de vélo, un chrono dans le 4e col, 13 km, pente régulière et moyenne de 4,9, je me replace encore, je grignote… L’arrivée se fera au cœur de la cité médiévale splendide.

Jeudi 2 AINSA-RACA petite étape 126 km, 2 230 m pour seulement 5 h 30 d’effort et 4 cols avec une superbe arrivée au cœur de la citadelle de JACA. Ce jour, le dernier col est chronométré et me correspond bien (12,8 km et 2,8 de moyenne) donc encore du temps de repris et, de plus, les 32 ° de l’après-midi semblent frais.
Vendredi 2 RACA-RONCEVALES, le gros morceau : 174 km, 3 530 m, 7 cols avec le montée chrono du Port de Larrau (11 km à 6,4 % de moyenne). Le vent favorable (et c’est rare dans ce col) dans la majeure partie m’aura permis de réaliser un très bon chrono et de me retrouver 14e au général, mais sous la menace du 15e à seulement 40 centièmes. Une fin d’étape un peu isolé (50 km seul) pour 7 h 35 de pédalage. Plus il y a de kilomètres, plus nous allons vite ; c’est fou les jambes répondent encore.

Samedi 3 dernière étape RONCEVALES-HONDARRIBIA longue de 159 km, mais un profil descendant avec 2 600 de dénivelé. Eh oui, l’océan, enfin l’océan, pas moins de 7 cols au programme (dont Lizarieta mon jardin) le chrono dans le troisième, aussi je décide de partir avec les costauds dans le groupe de tête pour les 2 premiers cols afin de m’accrocher avec eux sur le chrono et ainsi d’aller le plus loin possible avec eux ; un beau col bien irrégulier du Pays basque, long de 12 km, moy 4.0 max 15,5. Je m’accroche, mais impossible de suivre : dans une rampe de 600 m à 12 % j’explose, heureusement le profil se couche, la pente revient à 3 ou 4 %, je remets la plaque et donne tout. Je connais la fin du col pour l’avoir étudiée : régulier 2,5 km entre 6 et 7 % je gère, mais à 800 m du sommet un caillou se colle à ma roue avant et se coince entre la fourche et le boyau : contraint à l’arrêt, pied à terre, débloquer la roue, évacuer le caillou et repartir. Panique à bord, mon rival revient sur moi, je passe la ligne en sprint à la rupture, persuadé d’avoir perdu du temps.

Le soir à l’arrivée, verdict : je conserve ma place, il ne m’a repris que 30 centièmes. Mon épouse nous attend avec une bière pour récompense.

Au final, mon compteur affichera 1 070 km, 21 500 m de dénivelé positif, 44 cols et 48 h 30 de selle, une aventure extraordinaire, des parcours et des paysages sublimes, une très bonne organisation.
Un chantier, comme on dit par chez moi, épuisant par la chaleur, dur mentalement par moment, mais la satisfaction d’avoir réalisé un truc pas courant. Grâce assurément au blog de La Meilleure Cyclo, au CLUB PRIVÉ et à Nicolas, un peu à moi aussi.

Petit clin d’œil : j’ai réalisé la dernière étape avec la tenue de La Meilleure Cyclo, m’aurait-elle aussi permis de me surpasser pour conserver ma place… ? En atteste la photo sur la ligne d’arrivée !
Arrivée Transpyr

Reste à retourner à Rosas pour récupérer la voiture, en vélo évidemment…
Merci à Guytou de m’avoir convaincu de faire ce périple et de m’avoir accompagné

Transpyr 2

L’aventure avec la récupération de la voiture à Rosas : 1 445 km, 25 500 m de DH+, 62,5 heures de vélo entre le samedi 27 juin et le samedi 11 juillet.
À présent, avec des souvenirs plein la tête et des paysages plein les yeux, place à la récupération…

explore corsica

Articles relatifs

Échappée en Scandinavie

      Première partie : Copenhague – Göteborg  ...

Ils l’ont fait ! La cingle du Ventoux

Monter le Ventoux dans la journée représente déjà une belle...

La Réunion est-elle le Paradis des cyclistes ?

Le 3 mars 2014 à 10 heures du matin, j’atterris à...

Commentaires (2)

ERIC WERRY

Bravo Walter, merci pour ton récit, super périple, super aventure, des km vélos que tu n’ oublieras jamais…Bonne route
Eric

Fossile31

Walter nous dévoilé ses talents cachés, il a la plume aussi alerte que le coup de pédale. Merci Walter pour le partage des kilomètres à vélos et du CR.

Ajouter un commentaire