L’étape du tour 2013 : Annecy > Annecy-Semnoz, la course de vélo de l’année ?

L’étape du tour 2013 : Annecy > Annecy-Semnoz, la course de vélo de l’année ?

Départ etape du tour entre amiC’est un de mes objectifs de l’année et nous y voilà. Je vous rassure je ne vais pas vous raconter ma vie, ce n’est pas l’objet de ce blog. Du point de vue de la motivation je trouve important de souligner que je suis un chef d’entreprise avec beaucoup de challenges en ce moment et un père de famille de 3 enfants de 3 à 15 ans. Si je ne m’étais pas inscrit à l’étape du tour je n’aurais jamais roulé 2 500 km sur mon vélo, ni perdu plus de 4 kilos et surtout je n’aurais pas fait autant de belles rencontres cette année. Alors rien que pour cela déjà, merci.

Grandiose semble l’adjectif le mieux approprié. A commencer par le prix 2 fois plus cher que n’importe quelle autre cyclo. 13 000 participants alors que depuis le début de l’année la plupart des cyclosportives font entre -20% et -50% de remplissage. Ce nouveau record de participation reflète la qualité de l’évènement. Plus de 40% des participants sont étrangers et la moitié de langue anglaise. Ce qui explique l’enthousiasme qui régnait devant l’écran géant qui retransmettait l’étape d’Ax-les Thermes le samedi.

retrait dossard étape du tour

Avec un tel nombre de participants, l’organisation se doit d’être au top et elle l’est au millimètre. Quand j’arrive pour retirer mon dossard dans l’immense village, je trouve tout de suite où je dois m’adresser. Le retrait se fait en moins d’une minute avec le sourire. Tout est simple et clair. Cela sera la même chose le lendemain matin pour le départ. Par vague de mille participants nous sommes regroupés confortablement en attendant notre horaire de départ échelonné toute les 5 minutes. Nous sommes regroupés par niveau et là je dis chapeau car j’ai le dossard 3 801 et je finis 3 785ème !!!

Du coup le départ et le rythme de la course sont super agréables. Des groupes de même niveau se forment rapidement. J’ai suffisamment d’espace pour me sentir en sécurité et il y a suffisamment de monde pour profiter de l’aspiration et me motiver en roulant tout le long avec 4 ou 5 cyclistes que je nommerai en fonction de la couleur de leur  maillot  ou la marque de leur  vélo.

Un point très important dans une cyclo est bien sûr les ravitaillements. La quantité et la qualité sont en abondance. Je n’ai pas le temps de finir ma première gourde que le premier ravitaillement en boisson est déjà là ! (je ne m’arrête pas, car j’ai deux gourdes et je ne veux pas perdre de temps inutilement). Il y a un ravitaillement en boisson tous les 20 kilomètres (qui dit mieux ?). Eau minérale d’Evian, Hydrix Overstim’s.

Pour l’alimentation, les ravitaillements sont tous les 35 kilomètres avec un de plus en haut du Semnoz. Bien organisé pour aller vite et extrêmement bien fourni en salé, sucré, fruits secs, barres et gel énergétique. On retrouve des boissons énergétiques, de l’eau et du Coca, bien sur. Il ne manquait plus que les toilettes pour se croire à l’hôtel. Ben, en fait elles y étaient.

 

Le parcours est magnifique de beauté autour du Lac d’Annecy. Les routes sont de très bonne qualité, sécurisées au maximum. J’ai particulièrement apprécié les panneaux « virage dangereux » dans les descentes. Je suis bon descendeur mais je n’ai pas pu reconnaître l’étape. Dans la plupart des cyclo ce genre de panneaux est soit inexistant  soit trop systématique. Ici l’organisation avait mis les panneaux juste dans … « les virages dangereux », ce qui permettait d’y aller franco sans risque. Merci !

medaille étape du tour 2013De retour au village, l’accueil des arrivants est super et je reçois la médaille que mon fils va adorer (est-ce que je lui dis que je n’ai pas gagné la course ?). La seule chose qui n’est pas grandiose c’est la pasta party et le ravitaillement à l’arrivée. Un petit bol de pâtes avec un petit paquet de chips, une compote, une banane et 3 madeleines. Bon c’est le strict minimum mais pour ce genre d’épreuve c’est limite ridicule. Les pâtes sont à volonté alors gavez-vous ! Je finis la journée par un tour des exposants, il m’aurait fallu deux jours mais j’ai pu voir de belles choses, même si je n’ai pas trouvé les personnes des stands très disponibles, car trop sollicitées. Quand on est victime de son succès…

Quand j’ai vu que le parcours faisait 128 kilomètres je me suis dis « tiens cette année c’est pour moi ». Car je n’aime pas faire des sorties trop longues et je n’ai pas le temps de m’entrainer pour des parcours entre 150 et 200 kilomètres. J ‘aurais dû me douter que cela cachait quelque chose !

Les 70 premiers kilomètres sont une succession de petites bosses qui sont faciles et agréables à monter et à descendre. J’aurais presque pu les faire sur la plaque si je ne voulais pas me préserver. Puis vient le mont Revard, un col à 5,4% sur 16 kilomètres. La chaleur commence à se faire ressentir et la longueur du col est usante. Je monte en respectant mon seuil aérobie. Les yeux rivés sur mon cardio je ne dépasse pas les 150 puls, mais dans les 2 derniers kilomètres je sens que je suis un peu juste, ma fréquence de pédalage chute en dessous de 70 tpm.

Je me refais une santé dans la descente et en me versant des bidons d’eau sur la tête. Je m’arrête au dernier ravitaillement de Gruffy pour me ravitailler principalement en eau. Quand je commence l’ascension de Semnoz je mets tout à gauche 34 x 28. D’habitude j’emmène ce braquet facilement au-dessus de 70 tpm dans des pentes jusqu’à 10%. Mais là, pas possible d’être à plus de 65 tpm. Soit je suis fatigué, soit il y a plus de 10%.

Les deux premiers kilomètres sont l’enfer. La chaleur est étouffante, je vois une fontaine, je décide de m’arrêter pour m’arroser des pieds à la tête. L’ascension ne présente pas de répit, aucun virage, aucun replat. Quand je vois le panneau Sommet à 10 km, je n’ai plus de jambes et mes reins brûlent de douleur. Il y a déjà des types sur le côté qui montent à pied. En fait très vite une file indienne continue de gars qui poussent leur vélo tout au long du bord de la route. Je cherche des prétextes pour m’arrêter, mais je sais que cela ne me soulagera que quelques minutes et ne fera que rallonger mon calvaire. Alors même à 8 km/h, même à 7 km/h je continue à pédaler. Assis, en danseuse, les mains sur le guidon ou aux cocottes, aucune position ne me soulage.

Heureusement une grande partie de l’ascension se fait en sous-bois ce qui nous protège de la chaleur. Au ravitaillement de Quintal (uniquement des boissons) j’essaie de m’arrêter le minimum mais quelques mètres plus loin mon dos dit stop. Je m’étire un peu. Ni assis ni debout je ne trouve de réconfort. Alors je repars. L’envie de m’arrêter ou de marcher est présente à chaque coup de pédale  mais en observant ceux qui marchent à côté de moi je vois que j’avance bien plus vite en vélo alors que je ne roule qu’à 7 km/h. Alors je continue d’avancer. Je ne regarde plus ma cadence de pédalage mais les mètres que je parcours. Je les déduis du sommet. J’en viens à râler contre les organisateurs qui ont décalé de quelques mètres le panneau qui annonce l’arrivée à 3 kms J.

2013-07-07 14.00.38

Derniers kilomètres « il y aura bien un moment de replat pour me refaire les jambes ? » et bien non, rien jusqu’à l’arrivée, les pourcentages sont au-dessus de 9-10%. Je suis tellement épuisé que je ne savoure ni la vue  ni mon succès. J’ai mis plus de deux heures pour la dernière ascension du Semnoz ! J’ai froid, j’ai faim. Je m’habille, je mange et je redescends.

Un grand merci à mon pote Stéphane un ancien champion de triathlon, aujourd’hui dirigeant surbooké mais motivé à se lancer des challenges pour lesquels il n’a pas le temps de consacrer le temps de s’entrainer. En plus de m’avoir accueilli chez lui, il m’a laissé croire que j’étais en forme au début de la course. Merci l’ami.

Merci aussi à l’organisation, aux bénévoles, aux signaleurs et à mon pote Denis de chez Mondo vélo de nous avoir accueillis en VIP sur son stand.

 

 

Et vous? si vous avez fait l’étape du tour, donnez moi votre avis dans les commentaires

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Commentaires (9)

pineau j-luc

salut Nicolas, ton recit me donne envie de faire cette épreuve une année, ne serait ce que pour voir si mes quatre vingts et quelques kilos peuvent faire une étape de montagne sans etre trop ridicule. Quand j’aurai plus d’experience (2 ans de courses ufolep en GS) je m’essaierai et j’espere que je pourrai te rencontre. a+ j-luc

Salut Jean Luc,

c’est avec plaisir qu’on pourrait essayer de la faire ensemble. 2 ans de course c’est déja bien. Moi je reprenais cette année après 6 ans d’arrêt total.

On se tien au courant et in fait une équipe 😉

salut nicolas tu as du roulé très fort au début pour été aussi bien classé .Belle défaillance dans le senmoz .J’ai été plus régulier (1h20 pour monter le senmoz) mais je suis loin derriere (environ 5300eme) j’ai fait une petite vidéo à voir sur mon site .Ton blog est interessant et pédagogique j’y retournerai bonne route @+

    Nicolas Elzeard

    Salut jean Michel,
    Effectivement je suis parti peut être trop fort , alors que j’ai controlé ma fréquence tout le long en dessous de 150 pul/min ?
    Je penses plutot que je manquais de distance car avec le temps qu’il a fait je n’ai fait quer 2 sorties de plus de 100 bornes (aie! aie! aie!) Je ferais mieux l’année prochaine 😉

    Super ta vidéo ! ta caméra était sur le cintre ?

Laurent

Félicitations Nicolas.
Nous sommes partis dans le même sas. Super le récit de ta course.
Pour ma part c’était ma 18 eme étape du tour. Mais celle de cette annee a ete super. meteo paysage public …
C’est la seule cyclo que je fais chaque année avec au départ entre 1500km et 4000km dans les jambes. Mais avec le mental on grimpe les montagnes 🙂
Laurent

    Nicolas Elzeard

    Merci Laurent,

    j’espère que la prochaine fois on se reconnaitra et partira ensemble 😉

Laurent

Pas de souci. On se recontacte en fin d’année après les inscriptions. 🙂

Par contre j’espère avoir gagné un SAS. 🙂

Bonne fin de saison à toi.

seb

ton récit de l’ascension me rassure! j’ai fait 2 étapes du tour. 2010 : pau-tourmalet: un must! 180km 3 cols. 2012: alpe d’huez en passant par télégraphe et galibier: court et dense. je voulais parler de l’organisation qui pour moi n’est pas à la hauteur de l’événement. près de 100€ pour l’inscription et le bus retour (en cas d’étape en ligne) et pour ce prix un repas infect et insuffisant, une médaille en toc, même pas un maillot offert et surout, un problème de puce qui ne me permet pas d’être classé à l’arrivée, et là, c’est pour moi le top!
j’avais donc décidé de ne plus donner autant d’argent à ASO, entreprise à but très lucratif et de privilégier les cyclo de rêve (luc alphand, ariégeoise, marmotte etc.). à bientôt sur les routes peut-être!

MARTINEZ

Belle chronique d’une étape du tour très difficile,félicitation pour ta participation et ton résultat qui est tout à fait honorable.

Pour ma part je n’ai jamais fais ce type d’épreuve,mais pourquoi pas l’année prochaine a voir en fonction de la situation géographique et de ma dispo.Mais comme à pu le dire Seb le côut de l’inscription et très important ce qui peut évidemment refroidir certain passionné.Pour ma part je réalise 2 à 3 cyclo-sportives / an et notamment parce que j’habite pas très loin la GRANFONDO beaumes de Venise – le ventoux qui cette année à été terrible au niveau du climat ( Vent > 130 km/h en haut du col,brouillard ect…).Mais pour un montant bien inférieur,difficultés GARANTIES ( 2954 m de dénivelé pour 2500 annoncé).
C’est dans ce type de course que le mental prend toute son importance.
Une nvlle fois félicitation pour ton blog
A bientôt
Marti 83

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