Strava : danger ou progrès ?

Strava : danger ou progrès ?

Si tu penses que Strava est un outil génial qui a complètement révolutionné l’entraînement des cyclistes, ou si au contraire tu penses que c’est une vraie catastrophe qui entraîne les gens au surentraînement, regarde bien la vidéo qui suit et donne-moi ton avis.

Transcription de la vidéo :

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Si tu penses que Strava est un outil génial qui a complètement révolutionné l’entraînement des cyclistes, ou si au contraire tu penses que c’est une vraie catastrophe qui entraîne les gens au surentraînement, regarde bien la vidéo qui suit et donne-moi ton avis.

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Vous êtes nombreux à me demander mon avis sur Strava, cette application qui sert à avoir un suivi, un enregistrement de vos sorties, et depuis longtemps vous me demandez mon avis sur Strava.

Alors, il est important de comprendre que Strava est avant tout un outil, et comme tous les outils, ça peut aussi bien être hyper utile que dangereux.

Prenons un exemple : un couteau à bois. Un couteau à bois, ça sert à tailler de magnifiques sculptures dans le bois, c’est super bien.
Maintenant, un couteau à bois, vous le prenez et vous le plantez dans la poitrine de quelqu’un, et c’est hyper dangereux, c’est mortel.

Donc, Strava, comme tous les outils, peut avoir un intérêt ou un danger selon ce qu’on en fait. Et ça, on en parle tout de suite.

Le cahier d’entraînement

Premièrement, c’est un outil de suivi qui est vraiment hyper intéressant. Pourquoi ? Parce qu’en fait ça remplace le bon vieux carnet d’entraînement, qui permet d’avoir une visu sur les indicateurs globaux et quantitatifs de votre sortie. Donc le kilométrage, le dénivelé, la vitesse moyenne, la fréquence cardiaque et éventuellement les éléments de puissance.

Donc ça, c’est intéressant pour analyser votre séance, mais surtout pour avoir un suivi comparatif de votre volume d’entraînement, de votre niveau d’entraînement et ça, c’est vachement bien, parce que, avant, il faut le reconnaître, le carnet papier crayon, c’était sympa (« Ah, mon petit cahier ! Qu’est-ce que j’ai fait, déjà ?”), mais la plupart du temps, c’était un peu pénible, fastidieux, après les courses, après les sorties il fallait noter les choses, prendre le compteur, ce n’était pas toujours évident.
Du coup, on ne le faisait pas forcément systématiquement, du coup l’intérêt du suivi n’y était pas.

Là, avec Strava, il faut reconnaître que ça se fait automatiquement, tout seul, vous pouvez avoir une visu sur votre volume d’entraînement de la semaine, votre volume d’entraînement du mois, votre volume d’entraînement à l’année. Notamment par la fonction “calendrier” qui permet vraiment d’avoir une visu rapide et globale sur le volume de votre entraînement, l’évolution de vos entraînements, et ça, c’est un gros plus.

Deuxième gros plus toujours lié à cette fonction d’enregistrement d’entraînement, c’est – souvenez-vous, je le répète souvent – et le secret du succès, c’est pas de réinventer la roue toutes les semaines, mais c’est vraiment de reproduire ce qui marche.

Je vous donne un exemple : l’année dernière, vous avez fait l’Étape du Tour ou les Bosses du 13, et ça s’est bien passé. Génial. Analysez ce que vous avez fait quelques semaines avant l’Étape du Tour, quels sont les entraînements que vous avez faits, éventuellement au mois de janvier, au mois de février, etc. Si ça a marché, reproduisez la même chose.

Vous pouvez changer 2-3 petits éléments, mais en reprenant dans Strava facilement ce que vous avez déjà fait, vous pouvez reproduire les mêmes volumes d’entraînement, voire les mêmes séances, si vous avez marqué, soit dans les titres soit dans la description le nombre de séries que vous avez faites, à quel niveau d’intensité, etc.

Les dangers de Strava

Maintenant, selon moi, quels sont les dangers de Strava ?

Eh bien, d’abord, le premier danger, c’est que trop d’infos tuent l’info.
Donc, si Strava est intéressant parce qu’il enregistre un maximum de données sur vos entraînements, ça ne vous donne pas, et ça ne vous explique pas comment les analyser.

Et ça, c’est dangereux. Parce que trop d’infos finit par vous embrouiller et vous perdre. Et ensuite, certains peuvent croire analyser facilement les données, mais ne sachant pas véritablement comment les interpréter, eh bien, ils commettent de grandes erreurs.

Je vous donne un exemple : c’est la fréquence cardiaque moyenne. Beaucoup me disent “voilà, j’ai fait des sorties et pour évaluer la difficulté, ma fréquence cardiaque moyenne est de tant.”

Eh bien, en fait, c’est une grosse erreur.
Je vous donne un exemple simple : si vous faites une sortie de, mettons, 100 kilomètres, en endurance, régulièrement aux alentours de 80 % de votre FCMax, mettons 140 pulsations.
Eh bien, il y a de grandes chances que si vous faites une sortie en endurance régulière, votre fréquence cardiaque moyenne soit de 140 pulsations. Très bien. Ça, on peut dire que ça donne une bonne indication sur le fait que vous avez été stable.

Maintenant, est-ce que pour autant on peut en déduire que pour chaque sortie la fréquence cardiaque moyenne est un indicateur fiable ? Sûrement pas.

Si vous faites une sortie en fractionné, même une heure, avec de l’échauffement à faible intensité, vous allez monter pendant vos fractionnés, mettons au seuil, sur du 7 ou 8 ou 10 fois 4 minutes au seuil à 90 % – donc là on va être proche de 170 pulsations –, et puis dans les phases de récupération et après l’entraînement, vous allez être beaucoup plus bas.

Si vous recomptez votre fréquence moyenne, elle sera aux alentours de 120. On pourrait croire que votre sortie de une heure en fractionné est moins intense que votre sortie en endurance de trois heures à 140 pulsations. Ce qui est complètement faux.

Deuxième danger de Strava, c’est la surmotivation.

Oui, en tant que sportif, on a besoin de motivation. Si vous êtes sous-motivé, effectivement, il y a des chances que vous n’allez pas vous entraîner, vous n’allez pas hyper bien vous appliquer et vous impliquer dans votre entraînement, et ça, ça peut être préjudiciable.
Maintenant, la surmotivation est dangereuse !
Car elle entraîne de l’euphorie qui nous fait faire des conneries, pour parler simplement, c’est-à-dire qu’on va en faire plus que ce qu’on devrait, ou alors on va le faire de manière qualitative au-dessus des seuils qu’il faudrait pour vraiment progresser de manière adaptée et progressive.

Par rapport à ça, Strava est très dangereux, parce que :
1) on se compare aux copains. Alors ça peut être un outil de motivation, et c’est intéressant, mais j’en vois souvent, dans mes clients, dans mes collègues avec qui on s’entraîne, chez des gens sur le blog qui “ah oui, l’autre il a fait ça, alors je vais aller faire ça !”
Oui, mais c’est peut-être pas adapté à toi, à ton entraînement.
“L’autre s’entraîne plus, ça me met la pression, etc., donc je vois les autres qui s’entraînent, moi il faut que je m’entraîne.”

2) Et puis, surtout, le gros problème de Strava par rapport à la surmotivation, vous le savez, c’est les fameux “segments”.
C’est intéressant de comparer ces segments. Parce que c’est intéressant, c’est même indispensable pour progresser, d’avoir des petits tests, des parcours tests pour voir votre progression.

Mais si vous vous testez à chaque sortie, à ce moment-là vous ne vous entraînez plus. Or j’en vois beaucoup, peut-être vous en faites partie, ou peut-être pas parce que vous suivez La Meilleure Cyclo depuis un moment et vous avez compris que se tester ou se tirer des courses à chaque sortie c’est une connerie.

Surtout quand votre test, c’est sur une sortie entière de deux ou trois heures, ou sur une montée ou une section de plus d’une heure, eh bien, ça, c’est pas un test.

Les tests que l’on fait avec les athlètes, c’est sur trois kilomètres, sur cinq minutes maximum. Et encore, je parle des athlètes de haut niveau.
Par exemple, une fois tous les trimestres, ou tous les semestres, mais par contre, après, les autres mois ou quinze jours, on va se tester sur des tests beaucoup plus courts pour générer moins de fatigue et laisser plus de temps à l’entraînement.

Le problème de Strava, c’est que je vois beaucoup de jeunes qui chaque fois qu’ils font une sortie se font des sections, des parcours où ils vont essayer de faire des com, ou se comparer parfois à des pro, etc., donc c’est pédaler toujours plus et là, c’est le meilleur moyen de se griller.
Et là, il y en a vraiment beaucoup.

Donc, vous l’avez compris, les amis, mon utilisation de Strava : Strava est un outil et j’en préconise une utilisation intelligente. Là, ça vaut vraiment le coup.
Parce que c’est un outil nouveau, performant, qui apporte beaucoup de données facilement.

Maintenant, il présente aussi des dangers, donc apprenez à vous en servir.

D’ailleurs, si ça vous intéresse, je vous propose de cliquer sur le lien qui est juste là ou alors dans la description sur 4 vidéos gratuites pour découvrir le programme “40 km/h”, où vraiment vous allez apprendre en douze mois tout ce que vous devez savoir sur l’entraînement, la nutrition, le mental, comment planifier ses entraînements par rapport à un objectif, le fractionné, l’endurance, la force, tout, absolument tout en 12 plans.

Et pour le découvrir gratuitement, vous pouvez cliquer juste en dessous sur les 4 vidéos, ou profiter de la promo qu’il y a actuellement jusqu’au 15 septembre (“Mais non ! C’est jusqu’à fin septembre !”) dans le lien encore juste en dessous
“promo 40 km/h”.

Voilà, comme d’habitude, si vous avez aimé cette vidéo, cliquez sur “j’aime” et puis partagez-la avec vos amis. Laissez-moi dans les commentaires en dessous votre avis sur Strava, et vos réactions.

Si ce n’est pas encore fait, comme d’habitude, cliquez sur le lien dans la description du bonus gratuit, vous recevrez des vidéos gratuites sur les conseils pour s’entraîner.

Et maintenant, je vous dis à vous de jouer, entraînez-vous avec intelligence.

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Commentaires (2)

Robert

Je me sers de Strava depuis plusieurs années pour noter mes sorties de vélo de route et de course à pied. C’est un outil que je trouve intéressant, notamment pour la planification de parcours.

Christian

Salut Nico,
Bravo. Comme d’habitude explications précises, jugement objectif. Pour ma part je me sers de Strava que de puis cette année avec mon Bryton 530. Donc j’analyse au retour ce que j’ai fait à l’entrainement et lors de mes 3 courses annuelles. Peut être que l’an prochain, avec une année d’expérience, pour préparer P.B.P., je saurais mieux l’utiliser…

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