Et si tous les cyclistes étaient boulimiques ?

Et si tous les cyclistes étaient boulimiques ?

Apprenez à maîtriser vos pulsions ou vos addictions, cela vous permettra de mieux gérer aussi vos courses. La boulimie n’est sûrement pas ce que vous croyez. J’ai rencontré une experte dans le domaine lors d’un congrès à Paris. Voici son interview

Le site de Magalie www.sortir-de-la-boulimie.com
A
rticle  » Progresser en montagne avec la méditation »

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Retranscription Texte de la vidéo :

Bonjour les amis, et bienvenue dans cette nouvelle vidéo du blog La Meilleure cyclosportive de votre vie.

Je reviens juste de Paris où j’ai eu la chance de rencontrer deux experts très intéressants, et dans les deux semaines qui suivent, je vais vous transmettre les interviews que j’ai faites avec eux, car ils vous apportent des conseils, à mon avis, très intéressants.

Je commence aujourd’hui par Magalie qui est experte dans la gestion de la boulimie. Peut-être que, comme moi au début, vous vous dites que la boulimie concerne les obèses et vous ne voyez pas bien le lien avec le vélo. En fait, en discutant avec Magalie, je me suis rendu compte que l’on connaissait mal la boulimie, et que cette maladie ne concerne pas juste un comportement alimentaire excessif. Mais, je suis sûr que ça vous est tous déjà arrivé, d’avoir une faim incontrôlable, un besoin de se remplir, ou bien d’avoir un besoin de ranger la maison ou son matériel de cyclisme, de bosser encore et encore comme un fou, ou de faire du sport, du vélo de la même manière. Quand on a une émotion que l’on a du mal à identifier, on a tendance à surcompenser, car notre émotion est bloquée au niveau du subconscient et le subconscient a besoin de symbolisation, de matérialisation de ce mal-être et va donc se « nourrir » d’une compensation matérielle.

Magalie va très bien vous l’expliquer, mais sachez que comme on n’est pas assez en connexion avec nos émotions, on va avoir un comportement compulsif — boire, manger, fumer, le sexe, le sport, le boulot, etc. — que l’on va ensuite compenser par un autre comportement compulsif. Ça se traduit, chez un boulimique, par manger et se faire vomir,  mais manger beaucoup et faire du sport, il y a peut-être un lien. Ou bien bosser trop et compenser en se sacrifiant pour sa famille, par exemple.

Nous ne sommes pas tous des boulimiques pathologiques, mais comme l’avait identifié Freud, en travaillant sur les pathologies les plus graves pour mieux comprendre le fonctionnement de monsieur Tout-le-Monde, je pense que cette interview devrait vous intéresser et vous donne, à la fin, une petite astuce concrète pour maîtriser ces envies irrépressibles de manger, de faire du vélo, alors qu’il y a d’autres choses à faire, et parfois au sacrifice de votre relation de couple, familiale ou professionnelle. J’ai connu beaucoup de clients qui sacrifiaient leur carrière professionnelle pour le vélo, mais ce n’était, en fait, qu’une surcompensation. J’en ai connu beaucoup aussi qui sacrifiaient leur vie de famille pour le travail, mais ce n’était qu’une surcompensation.

Vous le savez, à La Meilleure cyclosportive, nous sommes des cyclistes passionnés, performants et cool, et pour être bien dans sa tête et ses baskets, écoutez cette interview.

 

Nicolas Elzéard : Bonjour, Magalie.

Magalie : Bonjour.

Nicolas : Peux-tu nous expliquer ton parcours et ce que tu fais.

Magalie : Je suis une ancienne boulimique. J’ai fait huit ans de boulimie, j’ai essayé d’en sortir, par des régimes, un peu tout et n’importe quoi, et aujourd’hui, j’ai réussi à guérir de la boulimie. D’ailleurs, je suis en train de passer un diplôme en psychothérapie pour pouvoir aider les personnes boulimiques à guérir, notamment grâce à mon blog www.sortir-de-la-boulimie.com.

Nicolas : Très bien. Vous avez le lien juste en dessous de la vidéo. Alors, quand on te voit, on se dit qu’effectivement tu n’es pas boulimique, mais en fait, la boulimie n’est pas exactement ce qu’on croit.

Magalie : Un boulimique est une personne qui va avoir des compulsions alimentaires, pendant une phase (qui peut durer de quelques minutes à plusieurs heures) elle va ingurgiter une grande quantité de nourriture. Ce n’est pas un repas normal où on mange plus, c’est vraiment de très grandes quantités pendant un temps donné, et ensuite elle va utiliser des moyens pour compenser les calories ingérées en se faisant vomir, en utilisant des laxatifs, ça peut être en faisant énormément de sport.

Nicolas : Justement, c’est ce qui nous intéresse, nous. Parce qu’il y a énormément de cyclistes qui mangent beaucoup par habitude, ou qui font du vélo pour pouvoir manger ce qu’ils veulent, mais ça peut être des symptômes d’une forme de boulimie.

Magalie : Oui. Ce qui va faire qu’une personne est boulimique ou pas, c’est qu’elle va manger beaucoup pendant de petites périodes, mais ce sera compulsif. C’est-à-dire qu’elle ne va pas se contrôler, elle ne peut pas s’arrêter. Après, ça dépend, il y a des personnes qui ne vont manger qu’une plaquette de chocolat, mais rapidement, sans prendre de plaisir (ou très peu), ou ça peut être beaucoup plus et ça dépend des personnes, des périodes. Mais dès qu’il y a compulsion et l’impossibilité de se contrôler, ça peut être de la boulimie. Ensuite, il y a aussi l’hyperphagie boulimique qui est assez proche.

Nicolas : Est-ce que tu as deux ou trois conseils pour arriver à bout de cette boulimie ?

Magalie : La première chose, et la principale raison pour laquelle on fait des crises de boulimie, c’est qu’on n’arrive pas à exprimer nos émotions. On n’arrive pas à accepter d’avoir des émotions négatives ni à les exprimer.

Nicolas : Déjà, la boulimie est un symptôme que l’on n’arrive pas à exprimer ses émotions.

Magalie : Voilà. Et pour s’en sortir, ça ne sert à rien de faire des régimes, de contrôler son alimentation. Là, on ne travaille que sur le symptôme alors qu’il y a des causes beaucoup plus profondes, et notamment le fait de ne pas pouvoir exprimer ses émotions. Il faut vraiment faire un travail de fond, un travail sur la personnalité et ensuite les crises cesseront. Car on n’aura plus besoin de ça pour compenser le mal-être profond.

Si j’ai un conseil sur comment faire ? Déjà, quand on ne se sent pas bien — il faut avoir conscience qu’on ne se sent pas bien…

Nicolas : Ça peut être au moment où on fait une petite crise de boulimie ?

Magalie : Il y a ça, aussi. Mais parfois ce n’est pas évident, car quand on est pris dans la compulsion, on n’a plus de contrôle. Mais si on peut arriver à le faire à ce moment-là ou juste avant, quand on ressent le besoin de manger et qu’on sait que ce n’est pas de la faim, que c’est pour compenser quelque chose, il faut essayer de comprendre ce que l’on ressent au fond de nous, quelles sensations nous avons dans notre corps — ça peut être un mal de ventre, ou avoir chaud. Du coup, on sent qu’on a une émotion négative, et on peut analyser si c’est de la peur, de la colère ou de la tristesse. Nommer l’émotion, c’est très important. Ça fait d’ailleurs diminuer d’environ 50 % l’émotion de pouvoir la nommer. Ensuite, il faut essayer de comprendre pourquoi on la ressent. Est-ce parce qu’on a eu des reproches ? Parce qu’on se sent seul ? Il faut arriver à comprendre pourquoi on ressent cette émotion.

Nicolas : Tu disais, tout à l’heure, que ça peut être une frustration sur le plan personnel, par exemple de ne pas se réaliser dans son travail, ou des frustrations dans sa vie de couple, etc., et le fait de prendre le temps de se poser et d’écouter nos émotions, ça fait diminuer cette émotion négative et donc diminuer les crises de boulimie. C’est bien ça ?

Magalie : Oui, car du coup, l’émotion est moins intense. Ça va diminuer les crises — pas forcément tout de suite, parfois il faut le faire plusieurs fois avant de diminuer les crises de boulimie. Ce qui est important aussi, c’est une fois que l’on sait pourquoi on ressent cette émotion-là, d’arriver à voir quelle image on a de nous. Car c’est tout le temps lié à une image négative que l’on a de soi. Je ressens ça parce que j’ai l’impression d’être nul, de ne pas mériter certaines choses, de ne pas être respectable. C’est vraiment lié à une image négative que l’on a de nous-mêmes. Et c’est souvent infondé, c’est une fausse croyance que l’on a. Il faut arriver à relativiser et se rendre compte que l’on se trompe.

Nicolas : Tu peux nous donner une astuce concrète pour restaurer l’image de soi, ou pour relativiser ce sentiment négatif ?

Magalie : Par exemple, quand on a une image négative de nous — je me sens nul, par exemple, c’est ce qui revient le plus souvent —, l’exercice va être d’apprendre à relativiser cette image. Car au final, c’est peut-être qu’on n’est pas parvenu à faire un travail, mais ça ne veut pas dire qu’on est nul dans tous les domaines. Et souvent on généralise. Je parle au niveau physique, le fait d’avoir un petit défaut physique (si on nous dit qu’on a un peu de ventre, par exemple) va faire qu’on va se sentir moche en général, alors que ce n’est pas vrai. On a tous des qualités : on a peut-être un peu de ventre, mais un beau visage, par exemple. Il faut trouver les qualités pour pouvoir relativiser au lieu de généraliser.

Nicolas : Voilà, les amis. Pour gérer vos compulsions, essayez d’aller chercher la cause. Comme l’a dit Magalie, l’idée est plutôt d’identifier l’émotion et de la ressentir. Donc, le défi de la semaine que je vous propose, c’est d’apprendre à méditer — on a fait plusieurs vidéos là-dessus. Le matin, en vous levant, vous prenez 10 inspirations et expirations en essayant d’être en contact avec ce que vous ressentez. Si vous le faites tous les jours, au fur et à mesure vous allez apprendre à ressentir vos émotions. C’est le premier pas pour gérer ainsi vos compulsions alimentaires plutôt que de faire des régimes pour compenser. Maintenant, c’est à vous de jouer. Magalie, merci beaucoup et tu nous rappelles le nom de ton blog.

Magalie : Merci à toi aussi. Le blog est www.sortir-de-la-boulimie.com

Nicolas : Allez-y, vous y trouverez de petites astuces sur la gestion des émotions qui vont vous servir, même au moment des courses.

 

 

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Commentaires (1)

Guillaume D

Aaaaah, personne n’a rien écrit ici 😀

Personnellement il est vrai qu’il m’est souvent arrivé de me dire ainsi qu’à mon entourage (qui me donnait raison de plus :/) qu’il ne m’était pas totalement néfaste de manger si ou cela (confiserie, assiette trop importante, etc)
Ma solution était le sport. Je pensais être certains que mes dépenses énergétiques étaient supérieures à ce que j’ingurgitais :s
Bien sur grosse erreur :s
J’ai évidemment réagi lorsque physiquement cela commençait à être trop pour moi. Ce qui explique ma découverte de la meilleure cyclosportive ^^

Bon courage à tous 🙂

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